Yehvann Diouf : “Je me tiens prêt, tout le temps”

Yehvann Diouf, qui vient d’entamer sa troisième saison au Stade de Reims, continue de s’aguerrir en Ligue 1. (© Stade de Reims)

 

Arrivé au Stade de Reims à l’été 2019, Yehvann Diouf gravit peu à peu les échelons. Gardien de but de l’équipe réserve pour sa première saison en Rouge et Blanc, le jeune international français est aujourd’hui la doublure de Predrag Rajković en Ligue 1. Ses débuts dans le monde professionnel, son point de vue sur la saison actuelle ou encore sa place au sein de l’effectif : Yehvann Diouf aborde tous ces sujets durant le passionnant entretien qu’il m’a accordé.

 

I. Sa formation et ses débuts dans le monde professionnel

 

Tu débutes le football très tôt en Île-de-France (au Champigny FC 94, ndlr) avant de signer à l’US Créteil Lusitanos à onze ans. Quels souvenirs gardes-tu de tes premiers pas sur les terrains de football ?

Beaucoup de plaisir ! Même si maintenant j’en prends toujours autant, mais c’est vrai qu’il n’y avait pas cet aspect professionnel… C’était plus un amusement, avec les copains. Que tu gagnes ou que tu perdes, dans tous les cas le plus important c’était de prendre du plaisir. Et puis tous les petits tournois avec les buvettes, les sandwichs, etc… Donc beaucoup de plaisir.

Il me semble que tu hésitais avec le basket, non ? Jouer au football au poste de gardien de but, c’est la meilleure alternative que tu aies pu trouver quoi… (rires)

En fait, j’ai commencé par faire du basket au début, avant de faire du foot ! Et au final, je commençais à taper dans les ballons de basket avec mes pieds donc ce n’était pas le bon sport… (il se marre)

Donc après je me suis redirigé vers le foot. Et puis, je n’aimais pas quand mon équipe prenait des buts, du coup je préfèrerais aller dans les buts. Pas parce que j’étais meilleur que le gardien, mais plus parce que, voilà, au moins quand je me prenais un but, pour moi c’était de ma faute. Je préférais m’en vouloir à moi plutôt que d’en vouloir à quelqu’un d’autre.

Si ce n’était pas gardien de but, à quel poste est-ce que tu aurais aimé évoluer ?

Attaquant ! Pour moi c’est le meilleur poste après gardien !

Tu rejoins ensuite Troyes en 2012, et tu signes là-bas ton premier contrat professionnel à 16 ans, en septembre 2016, ce qui fait de toi le plus jeune joueur à avoir signé un contrat professionnel à l’ESTAC. J’imagine que ça a été un premier moment très important dans ta carrière…

Oui, c’était un moment très important pour moi, pour ma famille, pour tous ceux qui me soutenaient, qui étaient derrière moi depuis un petit moment. C’était l’aboutissement d’une partie de ma carrière, qui était la formation. Donc oui, c’était un super moment.

Après, je savais que c’était aussi le début de quelque chose d’autre et qu’il ne fallait pas s’arrêter juste au premier contrat pro. On sait que souvent le deuxième est beaucoup plus compliqué à aller chercher que le premier. Donc voilà, c’était un bon moment, avec beaucoup de fierté. Le début d’une nouvelle “aventure”.

Et pourtant, quelques mois avant de signer ce fameux contrat, le journal “L’Équipe” annonce que tu es pisté par le Bayern, Chelsea, la Juventus. Est-ce que ces intérêts ont été vraiment concrets ?

Je ne sais pas… Moi je n’ai pas eu de retour. Et puis personnellement je préférais rester en France. Après, c’est sûr qu’aller dans des grands clubs comme ça, dans tous les cas on aura des portes de sorties mais bon… Aller dans des grands clubs, c’est toujours bien, mais moi, surtout du côté de ma famille, je préférais rester en France.

Tu commences donc ton aventure dans le monde professionnel à Troyes, une aventure qui va te mener jusqu’à la victoire en Coupe Gambardella où tu as été décisif en demi-finale face à Brest. Aujourd’hui, est-ce que ce titre reste le plus beau souvenir de ta carrière ?

Oui, toujours… C’est mon seul trophée, donc j’y tiens ! Et c’est sûr que la Gambardella, c’est quelque chose qui restera gravé à jamais. Même avec mes coéquipiers, on se parle toujours, on est toujours proches même si certains sont dans des pays différents maintenant de la France. Avant la Gambardella, on avait fait pour la plupart d’entre nous quatre voire cinq ans ensemble ! Donc c’est sûr que ça nous a rapproché les années de formation et encore plus avec la victoire. Ça nous a lié à jamais et ça reste un très beau moment.

En 2018, Diouf a été un grand artisan du succès troyen en Gambardella. (© Le Télégramme)

Des beaux moments, j’imagine que tu as aussi pu en vivre lors de tes sélections en Équipe de France U18, U19 et U20…

Oui, c’étaient des moments forts, des moments de fierté aussi parce qu’on porte les couleurs de l’équipe de France avec la Marseillaise, etc… Donc c’est sûr que c’est des moments de fierté. C’était des super moments où j’ai beaucoup appris aussi là-bas. Je ne retiens que du positif.

D’ailleurs, quel souvenir gardes-tu de l’Euro 2018 que tu as disputé avec les U19 ?

C’est un bon souvenir. C’était ma première compétition internationale avec l’équipe de France. Malheureusement on se fait sortir en demi-finale par l’Italie, où je pense qu’on aurait pu largement mieux faire… Mais ça reste quand même des beaux souvenirs.

Quelques mois plus tard, à un an de la fin de ton contrat, ton avenir se joue et le Stade de Reims t’approche. Comment se déroulent les négociations avec le club ?

Franchement, ça se passait bien. J’avais des bonnes relations avec le directeur sportif. J’avais visité aussi les installations, qui me plaisaient. On m’a présenté un beau cadre, avec des valeurs de respect et aussi une équipe qui avait l’air d’être bien, avec des bonnes personnes à l’intérieur. Parce que c’est vrai que d’avoir des bons joueurs c’est bien, mais il faut que ce soit aussi des bonnes personnes au niveau de la mentalité. Et puis après, c’est pas très loin de Paris aussi et je suis quand même assez proche de Paris puisque que j’ai encore mes parents qui habitent là-bas, donc c’est cool.

Mais après l’annonce de ta signature au club, Troyes décide de t’écarter de toutes les compétitions officielles du club. Comment as-tu vécu cette période ?

Je m’y attendais un petit peu… Et je ne pense pas que le fait que je parte à Reims a fait qu’ils m’ont mis “à la cave”. Je pense que peu importe le club où je serais allé, ils m’auraient mis au même endroit, j’aurais vécu les mêmes choses. Après, je pense que, oui, le fait que je parte à Reims, ça a dû amplifier, surtout par rapport aux supporters. Mais je m’y attendais, donc je n’étais pas surpris. Je me suis dit que voilà, dans le foot, c’est rempli de hauts et de bas. Comme dans tout sport, dans tout métier, dans toute vie. J’ai essayé de tirer le maximum de choses positives que je pouvais en tirer. Après j’étais toujours avec mes copains en réserve, donc ça va, dans tous les cas j’étais content ! (rires)
Je me suis dit qu’il me restait 6 mois, que six mois c’était rien, et au final à la fin de la saison j’ai même réintégré le groupe pro avec le dernier match.

Oui, tu disputes finalement ton seul et unique match en professionnel avec ton club formateur lors de la dernière journée de la saison 2018/2019. Et il me semble, pour être allé au stade ce soir-là, que les supporters n’ont pas été tendre avec toi…

Côté Kop, pendant quarante-cinq minutes j’en ai pris, j’en ai pris, j’en ai pris… Mais après, ce n’était pas méchant parce que c’était la rivalité entre clubs et je sais que, quand on est supporter d’une équipe, ça fait toujours mal de voir un joueur passer de ton club de coeur dans le club adverse. Après, il y avait quand même des supporters qui étaient dernière moi, des supporters qui venaient souvent aux entraînements, qui nous attendaient souvent aussi après les matches. Eux je sais qu’ils étaient à fond derrière moi et derrière l’équipe. Mais après, pour ce qui est du reste, moi je ne leur en veux pas, c’est normal.

Et toi, tu n’avais pas cette volonté de prolonger à l’ESTAC ?

Au début si, au début si… Mais après, les choses n’ont pas été faites de leur côté, par rapport à moi. Il y avait plein de dossiers qui sont passés avant moi. Moi j’étais là, et je peux comprendre qu’il y ait des dossiers plus importants que le mien. Mais au final, moi, j’ai ma situation à régler. En fait, je devais prolonger six mois après mon premier contrat quand j’ai signé en septembre. Je devrais re-signer à peu près en février une prolongation. Parce que je ne pouvais pas signer plus de trois ans, vu que c’était un premier contrat. Et ça n’a pas été fait, et après ça n’a toujours pas été fait. Je suis allé en équipe de France, ça n’a toujours pas été fait. Je suis allé à l’Euro, ça n’a toujours pas été fait. Et après, quand ils m’en ont parlé, c’était déjà trop tard. J’avais décidé de quitter le club. Pas forcément d’aller à Reims, mais j’avais décidé de ne pas rester ici… (il réfléchit)
Enfin là-bas, plutôt ! (rires)

 

II. Son arrivée à Reims

 

Tu débarques donc au Stade de Reims, et lors de ta première saison, tu gardes les cages de l’équipe de National 2. Que retiens-tu de cette première saison en Rouge et Blanc, très particulière en raison du Covid ?

C’est vrai que c’était une saison un peu particulière… On faisait une bonne saison, on a battu des gros, on a perdu aussi des matchs un peu bêtes mais bon, on était jeunes donc c’est normal. On avait réussi à battre Sedan, qui avait zéro défaite aussi cette saison-là. Donc on était bien, et puis après il y a eu l’arrêt du foot que ce soit en pro ou en amateur avec le Covid. Donc c’est vrai que ça a secoué tout le monde…

On a dû bosser chacun de notre côté à la maison, on avait des réunions en vidéoconférence où on faisait des exercices, c’était vraiment pas facile. On avait des exercices à faire en plus, comme aller courir 30 minutes à tant de km/h. On s’entretenait comme on pouvait. Mais c’est vrai qu’au début ça allait, personnellement moi au début ça allait. Et puis, petit à petit, ça a commencé à devenir long… Surtout, on ne savait pas si on allait reprendre ou pas. Donc ça a commencé vraiment à devenir long, à être pesant. Au final, on n’a même pas repris donc on a eu “des grandes vacances”, même si on ne pouvait pas faire grand chose. Ça nous a permis de nous reposer, de prendre soin de nos proches aussi parce que c’était super important dans cette période-là. Et ensuite de rattaquer la saison d’après, qui a été toujours autant particulière avec l’absence du public… Surtout que quand on a repris, il y avait toutes les mesures, les tests PCR, les masques, ect… Ce n’était pas évident. Et le plus terrible dans ce Covid, c’est qu’on était dans le flou continuellement. On ne savait pas ce qu’il allait se passer demain, on ne savait pas comment on allait jouer, s’il y allait avoir des supporters ou pas… On devait faire des tests PCR tous les 2, 3, 4 jours, on ne savait franchement rien. Du jour au lendemain, à chaque fois ça changeait. Même au niveau de l’État avec les confinements, c’était horrible !

Après cette période de confinement, l’intersaison 2020 est marquée par le départ de Nicolas Lemaître, qui te permet de passer “numéro 2” dans la hiérarchie des gardiens. Quel regard portes-tu sur ce rôle bien particulier à ce poste ?

C’est… compliqué. Mais… C’est… (il cherche)

Ça a l’air aussi compliqué que ce que l’on en pense nous, d’un point de vue extérieur ! (rires)

Oui oui, c’est compliqué parce qu’on est censé remplacer le numéro 1 en gardant le même niveau que le numéro 1, tout en ayant beaucoup moins de temps de jeu que lui. Donc c’est beaucoup d’exigence… Et ce n’est pas facile. Mais après, d’un côté, moi quand je passe de numéro 3 à numéro 2, je me sens valorisé, j’ai une évolution dans ma carrière. Donc je suis content ! Mais je sais aussi que l’exigence que l’on demande à un numéro 2, ce n’est pas la même que l’on demande à un numéro 3, ni à un numéro 1. C’est différent, c’est spécial.

Alors justement, comment peux-tu différencier ces attentes différentes entre les statuts ? Par exemple, entre un numéro 2 et un numéro 3 ? Qu’est-ce qui change concrètement ?

Le numéro 2 il est sur le banc, et le numéro 3 n’y est pas. Si le numéro 1 se blesse ou prend un carton rouge, c’est le numéro 2 qui rentre et qui doit être bon tout de suite, à l’instant T. Le numéro 3, ça peut être un jeune, ça peut être un ancien comme Nico (Penneteau, ndlr), qui nous apporte beaucoup dans le vestiaire et aussi sur le terrain.

Mais oui, c’est… C’est pas pareil. C’est compliqué, j’ai un peu de mal à l’expliquer. En fait, tu as peu de temps de jeu pour montrer ce que tu vaux. Dans un cas comme le mien, où tu es jeune, et que tu as envie de montrer ce que tu vaux, tu as peu d’opportunités et du coup il ne faut pas se louper. Pour toi comme pour l’équipe aussi ! C’est le seul moment où tu peux aider l’équipe, où tu peux te montrer donc il faut pas te louper.

Ce rôle de numéro 2 te permet de faire des premiers pas en Ligue 1 en octobre 2020 à Rennes, en remplaçant Predrag Rajković à la mi-temps. À quoi penses-tu à ce moment-là, alors que ton entrée n’était pas du tout programmée ?

On dit toujours qu’un remplaçant, un numéro 2 ou même un joueur, doit se tenir prêt “au cas où”. Je me tiens prêt, tout le temps, “au cas où”. Mais à ce moment-là, quand on me l’a annoncé, je ne m’y attendais pas… Je regarde le match comme tout le monde, j’essaie de faire attention aux petits détails au cas où je rentre : “lui, il aime bien faire ça”, les placements, “lui il aime bien tirer de ce côté-là”, etc…

En fait, on est dans le vestiaire. Tout allait bien, comme chaque match, et “Seb” (Sébastien Hamel, ndlr) l’entraîneur des gardiens me dit : “Rajko (Predrag Rajković, ndlr) s’est bloqué le dos, tu rentres”, comme ça ! Moi, je n’avais pas vu que Rajko était avec le kiné parce qu’ils allaient mettre la vidéo, enfin le “récap”, de la première mi-temps donc je ne m’y attendais vraiment pas. Au début je regarde en me disant : “Ah ouais ?” J’ai vite pris mes affaires, je m’échauffe rapidement, et puis après t’es dans le truc donc tu ne fais pas attention… Mais en tout cas c’est bizarre de rentrer par changement. Je n’étais jamais rentré dans un match comme ça, en étant remplaçant. Soit j’étais titulaire, soit je ne l’étais pas mais c’est vrai que c’est spécial, c’est assez rare. Tu n’as pas le temps de penser à dix milles choses, enfin il ne vaut mieux pas. Sois directement focus sur ce que tu as à faire, sur l’équipe, sur toi. Et puis après, ça devrait bien se passer !

La saison dernière, le jeune gardien rémois a disputé trois matchs avec l’équipe première. (© Stade de Reims)

Quelques semaines plus tard, tu as eu l’occasion de beaucoup plus cogiter puisque tu as été titulaire face à Nîmes et en Coupe de France contre Valenciennes !

Nîmes, c’est dommage parce qu’ils ont zéro occasion dans le match, ils ont juste le penalty qu’on leur donne, qui est évitable, et on perd le match sur ça. En plus après on a du mal à pousser, sauf dans les cinq dernières minutes où je crois qu’on tape deux barres et un poteau. C’est dommage parce que c’est un match qu’on maîtrisait et qu’on perd sur rien du tout.

Et puis après, le match de Coupe de France, alors là… C’était un match de Coupe hein. Quand tout le monde n’est pas concentré à 100%, face à une équipe qui l’est, tu le payes cash. On prend un premier but assez rapidement, et puis après le deuxième, et puis après le troisième…

Tu as aussi le fait qu’Olivier Guégan ait entraîné Reims, donc il avait dû motiver ses troupes…

Après ils avaient une bonne équipe aussi, ils avaient des bons joueurs. Mais nous aussi on avait une bonne équipe et des bons joueurs ! C’est toujours le problème de la Coupe de France où il y a pas mal de changements, des joueurs qui n’ont pas l’habitude de jouer et qui jouent, ou des mecs qui reviennent de blessure. Ou des fois, des mecs qui ne sont plus trop concernés parce qu’ils ne jouent pas assez… C’est aussi l’occasion pour ceux qui jouent peu de se montrer, donc ces personnes-là je sais qu’elles seront motivées. Mais d’autres personnes des fois sont un peu en dessous… Et puis il fait froid en hiver, surtout à Reims ! (rires)

 

III. La saison actuelle

 

Après tes trois apparitions la saison dernière, tu conserves cette saison ton rôle de doublure malgré l’arrivée de Nicolas Penneteau à l’intersaison. Qu’est-ce qu’un gardien comme lui apporte au quotidien ?

Déjà, dans le vestiaire, il apporte énormément de bonne humeur et de joie. C’est un ancien mais il sait rigoler quand même ! Donc oui, il apporte de la bonne humeur, du sérieux, de l’exigence et beaucoup d’expérience parce qu’il a fait une grande carrière. Moi, si je peux avoir la même carrière je suis content hein ! Donc c’est toujours important d’avoir des mecs comme ça dans le vestiaire, surtout qu’on a un vestiaire assez jeune. Ça nous permet un peu de réguler avec cette jeunesse. C’est vrai qu’avoir des jeunes c’est bien, mais il faut aussi avoir des mecs d’expérience, des anciens qui ont connu beaucoup de choses, et qui peuvent t’apporter du coup beaucoup de choses. C’est ce qu’il fait et pas qu’avec moi, avec les joueurs en général, que ce soit les jeunes, les défenseurs, les milieux, les attaquants. Il est toujours là à donner des conseils, que ce soit avant les matchs, avant et pendant les entraînements. Donc c’est vraiment quelqu’un qui est dans l’esprit de groupe, dans l’esprit du collectif et qui est super important pour nous.

D’ailleurs, en parlant d’arrivée, celle d’Óscar García a-t-elle modifiée les procédés d’entraînement au niveau des gardiens ?

Ça a changé un petit peu, parce que les entraînements ne sont pas les mêmes. Après, on était quand même pas mal intégrés dans tout ce qui était conservations et taureaux l’année dernière. Et cette année, on l’est toujours autant. Donc c’est juste les entraînements qui sont différents.

Sinon, on est toujours autant intégrés au jeu au pied, donc ça nous permet de progresser au pied, de progresser dans la manière de voir les choses. Parce que comme on joue dans un système différent, il y a aussi certains joueurs différents. Donc ça permet d’apprendre des choses, de progresser et de voir les choses aussi différemment donc c’est cool.

Et dans le coaching en général, quelles différences as-tu remarqué  entre García et Guion ?

C’est un espagnol ! (rires)

Donc ça veut dire que tu ne comprends rien ?

(Il se marre.) Si si, il parle quand même français ! D’ailleurs il parle plusieurs langues : français, espagnol, anglais. Je ne sais pas s’il parle d’autres langues en plus, mais je l’ai vu utilisé que ça pour l’instant.

Mais oui, il y a beaucoup plus de jeu. On sait qu’en Espagne, c’est beaucoup plus de la tactique mais avec du “jeu de position”, c’est ça exactement le terme, c’est du jeu de position. C’est-à-dire que tu vas te placer de manière à recevoir le ballon dans un espace pour pouvoir le donner plus facilement ou alors pour le récupérer plus facilement. C’est vraiment, c’est vraiment ça, c’est une philosophie de jeu qu’ont les Espagnols et qu’il nous inculque aussi jour après jour, même encore maintenant. Donc c’est différent. Après, l’objectif c’est la gagne. L’objectif c’est la gagne, donc nous on est prêt à faire n’importe quoi pour gagner et on est content de ce qu’il nous amène. 

Et n’est-ce pas frustrant de s’entraîner toute la semaine sans avoir de temps de jeu le week-end ?

Bah oui, forcément… Forcément. Tous les joueurs tendent vers la même chose, c’est-à-dire jouer tous les week-ends et être titulaire. Donc c’est sûr que c’est frustrant.

Après, c’est à moi de montrer que j’ai les qualités et que je suis capable d’être numéro 1 et de performer. Et après c’est au coach de prendre les décisions. Mais c’est avant tout à moi de lui montrer les choses. Moi je me dis que si jamais je fais une bonne semaine et que je ne suis pas titulaire, il faut que je continue à faire des bonnes semaines et à progresser, à performer. C’est pas en te disant : “Ah, j’ai fait une bonne semaine mais je n’ai pas été titulaire…” et en baissant les bras que tu vas changer quelque chose, dans tous les cas il faut continuer à travailler, il faut continuer à bosser et puis les choses viendront petit à petit de toute façon.

Toi, aujourd’hui, tu te sens capable de passer numéro 1 et d’être titulaire ?

Je me sens capable de jouer mais si je ne joue pas c’est pour certaines raisons, que le coach pense. Donc voilà, je continue à bosser ! Et puis c’est pas une fin en soi. Aujourd’hui Rajko joue, mais moi mon objectif c’est de jouer. Je vais continuer à travailler, à bosser pour essayer de jouer moi aussi.

Lié au club jusqu’en 2024, le jeune gardien espère désormais aller chercher un maximum de temps de jeu. (© Stade de Reims)

Et d’un point de vue plus collectif, comment juges-tu ce début de saison  ?

On a fait un bon mois de septembre. Je crois que sur douze points, on en a pris sept. En tout cas, au niveau des points, on a fait un bon début de saison. On aurait pu faire mieux, c’est ça qui est dommage. Il y a le match à Lille où on déjoue totalement. Il y a le match de Lens aussi où c’est le rouge avec le penalty qui nous tue. Malheureusement, ce sont des choses qui arrivent… On aurait eu soit le rouge soit le penalty, on aurait pu faire quelque chose. Mais là les deux, c’est vrai que ça tue un peu le match.

On aurait pu mieux faire sur certains matchs, éviter de prendre des buts ou en marquer. Mais après, ce n’est pas une fin en soi. On va continuer à bosser et à aller de l’avant. Et de toute façon, l’objectif de chaque match c’est de le gagner : qu’on joue contre le PSG ou contre le dernier de Ligue 1, l’objectif est le même.

Là, dans le calendrier, j’imagine qu’il y a une date que tu as coché quand même… À quelques jours d’affronter l’ESTAC, même si tu aurais sûrement préféré jouer ce match, l’excitation doit quand même monter peu à peu, non ?

C’est spécial… Depuis que j’ai quitté Troyes, je n’ai pas rejoué contre eux. Enfin, si, une fois en match de préparation mais sinon jamais en compétition officielle. Après, je les suis toujours parce qu’il y a des gens que je connais là-bas, notamment Tristan (Dingomé, ndlr) qui est reparti. Mais oui, ça va être un beau match.

Si ton seul pronostic c’est “Ça va être un beau match”, tu ne vas pas t’en tirer comme ça ! (rires)

Pour moi, victoire ! Combien, je ne sais pas, mais victoire ! C’est le plus important, peu importe le score. 

Pour terminer, si tu as un message à faire passer aux supporters rémois et aux suiveurs du blog et de R.M.F., c’est le moment !

Continuez d’être derrière nous, ça nous fait plaisir. C’est important qu’on soit tous ensemble, ça nous permettra d’aller plus loin et d’être plus solides. On est ensemble !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *