Vingt minutes en enfer

Malgré leurs deux buts d’avance, les Rémois ont totalement perdu pied lors des vingt dernières minutes… (© Stade de Reims)

 

Défait dans le derby de la Champagne, le Stade de Reims avait à coeur de se racheter auprès de ses supporters en allant chercher des points à Bordeaux, qui n’avait pas encore remporté le moindre match à domicile cette saison. Malgré une première mi-temps maîtrisée de bout en bout et un break réalisé à l’heure de jeu, les Rémois ont totalement sombré au cours des vingt dernières minutes pour, au final, s’incliner dans les dernières secondes sur un penalty adverse.

Retour sur un match cauchemardesque pour les Rouge et Blanc, tant le scénario fut improbable.

 

Une première période étincelante

Pour ce match en Gironde, Óscar García mise sur un système assez similaire à celui utilisé face à Troyes : seule l’animation du milieu de terrain diffère, avec deux milieux récupérateurs et un numéro 10. En défense, Fodé Doucouré occupe le poste de latéral droit après avoir remplacé Foket au pied levé, blessé à l’échauffement. Au milieu, le séduisant duo Matusiwa/Cassamá a devant lui quatre joueurs offensifs : Touré, Mbuku, Flips et Ekitike à la pointe de l’attaque, de retour de suspension.

Dans cette première demi-heure, les deux équipes se rendent coup pour coup. Tour à tour, Rémois et Bordelais se procurent des situations dangereuses sans réellement avoir l’opportunité d’ouvrir le score. À l’issue de ce bras de fer, Touré profite d’un bon centre de Flips pour réaliser une talonnade à bout portant, sortie par un excellent Costil. À partir de là, les visiteurs vont avoir une mainmise totale sur cette fin de première mi-temps.
Dans l’entrejeu, Matusiwa et Cassamá font un véritable récital et alimentent les joueurs offensifs grâce à des transmissions précises et efficaces. Grâce à leur travail remarquable, les occasions se succèdent et le duo Mbuku/Ekitike se régale. Mais finalement, comme lors des deux derniers matchs, les Rouge et Blanc vont à nouveau inscrire un but sur coup de pied arrêté. Côté droit, le coup-franc d’Alexis Flips est dévié de la tête au premier poteau par Touré pour Hugo Ekitike, qui a bien suivi et ouvre le score, inscrivant au passage son quatrième but de la saison ! À la pause, Reims est en tête avec un seul regret : ne pas avoir réussi à inscrire ce deuxième but.

 

Le break… avant la dégringolade

Les hommes d’Óscar García, réputés pour ne performer que lors d’une seule des deux mi-temps, débutent ce deuxième acte avec la réelle volonté d’enterrer de timides bordelais. Les trois changements effectués à l’heure de jeu par le coach rémois doivent permettre à l’équipe d’éviter le creux habituel… Ainsi, Cassamá, Ekitike et Flips cèdent leur place à Sissoko, Kebbal et Locko. Et le dernier nommé, entré en position de milieu droit, va inscrire son premier but en Ligue 1 au meilleur moment. D’une somptueuse frappe enroulée du gauche, le jeune rémois trompe Costil et pense guider les siens vers le succès. C’était sans compter sur la cascade de circonstances qui allait survenir lors des vingt dernières minutes…

Pour commencer, il faut tout de même souligner la volonté des Girondins de tout faire pour revenir dans ce match. Face à des Rémois fébriles, il ne leur a fallu que dix minutes pour réduire l’écart. Suite à ce but encaissé, les visiteurs ont commencé à reculer et à subir les assauts adverses. Sur un déboulé côté droit, Faes intervient parfaitement à l’aide d’un tacle glissé… jugé irrégulier par M. Wattelier, qui le sanctionne même d’un carton jaune. Sur ce coup-franc inexistant, la combinaison des locaux fait mouche et Jimmy Briand remet les deux équipes à égalité.
Les dix dernières minutes débutent alors avec des allures de mort subite : l’équipe qui arrivera à faire la différence remportera le match. Reims est toujours aussi timoré, et ne parvient pas à emballer cette fin de match. De son côté, Bordeaux semble se contenter aussi du match nul, tant le fait de prendre un point dans ce match paraissait inenvisageable pour eux en première mi-temps. Et pourtant, sur l’ultime ballon dans la surface rémoise du match, une main de Wout Faes interpelle la VAR… Après vérification, l’arbitre accorde un penalty à Bordeaux. Briand prend Predrag Rajković à contre-pied, et donne la victoire aux siens… 3-2. Au coup de sifflet final, les Rémois restent plusieurs minutes sur la pelouse, comme sonnés par cette fin de match improbable.

 

Un match qui laissera des traces ?

Au-delà de la défaite, ce match pourrait bien laisser des traces dans ce début de saison mitigé. Si cette jeunesse a apporté son lot de satisfactions et de bonnes surprises depuis le mois d’août, celle-ci pourrait bien commencer à montrer certaines lacunes.

Parmi celles-ci, il y a bien évidemment le manque d’expérience. Si, les saisons précédentes, le groupe avait pu compter sur la présence de nombreux cadres (Dingomé, Romao, Chavalerin, pour ne citer qu’eux), le manque de joueurs d’expérience commence à se faire doucement ressentir. Malheureusement, certains cadres ne sont ni au niveau dans le vestiaire, ni au niveau sur le terrain. C’est le cas de Valon Berisha par exemple, pour qui le pari du club de le relancer après de multiples blessures est pour le moment un échec cuisant. Pourtant, la présence de joueurs expérimentés est essentielle, et encore plus lorsque l’équipe connaît des passages à vide. Un peu plus de maîtrise et de sérénité en fin de match aurait peut-être permis aux Rémois de conserver cette précieuse avance à Bordeaux. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois cette saison que les Champenois lâchent des points après avoir mené au score. En douze matchs, ils ont déjà laissé filer douze points (contre Metz, Montpellier, Brest, Troyes et Bordeaux). Cet échec sur le plan comptable va de pair avec le fait de ne pas être capable de maintenir le même niveau sur un match entier. C’est principalement le chantier qui attend Óscar García lors des prochains matchs.

 

“Interro surprise”

Les joueurs sont notés sur 10 suite à leur performance dans le match. (© Buildlineup.com)

 

Après cette nouvelle défaite, le Stade de Reims se retrouve dans l’urgence de prendre des points, sous peine de rapidement perdre des places au classement et de se retrouver dans la zone rouge. Face à des adversaires abordables, les Rémois n’y sont pas parvenus. Dès dimanche, ils auront à coeur de renverser la tendance devant leur public face à Monaco, qui s’est incliné à Brest ce week-end. Une victoire permettrait de passer la trêve internationale avec un peu plus de sérénité qu’actuellement…

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