Tout est bien qui finit bien

Les Champenois peuvent savourer : ils se hissent à la sixième place du classement. (© Stade de Reims)

 

Frustré après sa défaite concédée samedi dernier à Brest, le Stade de Reims avait à cœur de réagir ce week-end face à Lille. Après une première mi-temps équilibrée, les Rouge et Blanc ont réussi à faire la différence en seconde période pour finalement s’imposer deux buts à zéro. C’est sur coups de pied arrêtés que Moussa Doumbia (sur penalty) et Rémi Oudin (d’un coup-franc direct) ont brillé et scellé la victoire des Rouge et Blanc. Une victoire aussi précieuse qu’aboutie, qui montre une nouvelle fois toute la force de caractère de ce groupe.

 

Un rideau de fer

Arrivé sur la pointe des pieds, Rajković élève son niveau match après match. (© Stade de Reims)

David Guion est un homme qui n’aime pas le changement. Alors pour ce quatrième match de championnat, son onze de départ est très similaire aux précédents. Ghislain Konan conserve sa place de latéral gauche en l’absence de Kamara, blessé à la cuisse gauche (lésion musculaire à l’ischio-jambier) depuis deux semaines. Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence. Malgré la sortie de piste à Brest.
Et justement, c’est face au promu brestois que cette défense avait encaissé son premier but de la saison, et montré quelques signes de faiblesse. Notamment sur le but concédé en fin de match, où la mauvaise communication entre Abdelhamid et Disasi avait obligé Thomas Foket à resserrer dans l’axe pour prendre au marquage Charbonnier. Avec la réussite que l’on connait…
Mais cette fois-ci, la défense rémoise est restée solide du début à la fin. En commençant par Predrag Rajković, qui a réalisé un match sérieux jusqu’à la 75ème minute, avant de se muer en dernier rempart décisif. Réduits à dix et menés d’un but, les Lillois n’abdiquent pas et tentent d’arracher un point de ce déplacement compliqué pour eux. Mais lorsque Victor Osimhen, jusqu’alors meilleur buteur du championnat, parvient à contourner Disasi, l’international serbe détourne le ballon du bout du pied pour permettre à son équipe de garder ce court avantage. La cerise sur le gâteau est ajoutée en fin de match, après un penalty bêtement concédé par Yunis Abdelhamid. Alors que Bamba se présente face au mètre quatre-vingt-onze de Rajković, c’est une nouvelle fois le remplaçant d’Edouard Mendy qui sort vainqueur en détournant le ballon sur son poteau gauche. Une performance XXL, qui lui vaudra d’être dans l’équipe-type de cette journée.
Également auteur d’une prestation remarquable dimanche, Axel Disasi l’accompagne dans cette équipe-type du journal “L’Équipe”. Impeccable dans les duels, appliqué à la relance et précieux sur les coups de pied arrêtés, il s’est comporté comme le véritable patron de cette défense. Mais avec l’arrivée de Dario Maresic, son entraîneur va devoir faire des choix. En effet, avec les départs de Fontaine et Engels, respectivement vers Lorient et Aston Villa, l’ancien parisien a débuté ce championnat avec une place de titulaire un peu inattendue. Puisque Yunis Abdelhamid semble inamovible tant il a encore été essentiel face à Lille, il devrait désormais livrer bataille avec Maresic pour jouer aux côtés de l’international marocain. Quoiqu’il arrive, la défense sera encore le point fort des Rémois cette saison.

 

Des faits de jeu favorables

Au retour des vestiaires, Yusuf Yazici écope d’un second carton jaune  : c’est le premier tournant du match. (© Stade de Reims)

Après une première mi-temps relativement calme, nous pouvons dire que la deuxième fut plus… animée. Tout d’abord, pour cette exclusion du lillois Yazici. Déjà averti (plutôt sévèrement) juste avant la mi-temps pour une faute sur Tristan Dingomé, son tacle cette fois-ci sur Dia lui vaut un deuxième avertissement, sans contestation possible. Jouer une mi-temps à dix contre onze, cela change les plans pour les deux équipes. Alors que les visiteurs semblent se contenter du match nul, Reims pousse pour faire la différence. Et les Lillois plient finalement sur une nouvelle accélération de l’intenable Moussa Doumbia. Une fois entré dans la surface, l’Aigle du Mali est déséquilibré par José Fonte. L’arbitre ne bronche pas… jusqu’au prochain arrêt de jeu. La procédure habituelle aurait été d’aller consulter la V.A.R. en cas d’incertitude. Mais pas cette fois, celle-ci étant en panne depuis le début du match… C’est donc depuis Paris, et par l’intermédiaire d’Alexandre Castro à la régie, que l’arbitre de la rencontre M. Wattellier a pris sa décision : penalty accordé. Il est transformé par Moussa Doumbia. Les Nordistes en obtiennent un en toute fin de match, sans avoir recours à la V.A.R. Pour une fois Mike Maignan, spécialiste de cet exercice, a trouvé adversaire à sa taille puisque son coéquipier Bamba bute sur Predrag Rajković. Une fin de match complètement folle, qui n’a pas empêché Reims de signer sa deuxième victoire cette saison.

 

Une attaque sur la bonne voie

Inquiétants à Brest, les attaquants rémois se sont montrés bien plus à l’aise dimanche après-midi. (© Stade de Reims)

Peu entreprenante la semaine passée, l’attaque rémoise a retrouvé des couleurs ce week-end. Avec ces deux buts inscrits, les attaquants rémois reprennent confiance lors d’un match qui pourrait être un déclic pour eux. Après un penalty marqué par Moussa Doumbia, Oudin surprend tout le monde en bottant un coup-franc excentré tendu, que personne ne touche, et qui termine dans le petit filet du gardien adverse.
Avant les deux buts inscrits en seconde période, les Rouge et Blancs se sont créés plusieurs occasions franches. Les consignes du coach sont claires : ses joueurs doivent pousser d’entrée de jeu pour emballer le match et se mettre les supporters dans la poche. C’est chose faite, et la première frappe de Doumbia est boxée sur sa ligne par Maignan. Au quart d’heure de jeu, après un corner tiré par Xavier Chavalerin, la tête de Disasi est sauvée sur la ligne par un défenseur adverse ! Les débats s’équilibrent ensuite, et il faut attendre la deuxième mi-temps pour vibrer de nouveau.
Alors que Doumbia ne peut reprendre un bon centre de Dia, Rémi Oudin bute de nouveau sur Maignan. La 70ème minute de jeu permettra enfin de débloquer la situation sur penalty. Le break sera fait en toute fin de match par Oudin.
D’ailleurs, le natif de Châlons-en-Champagne a bien failli disputer son dernier match avec le club. Courtisé depuis dimanche par la Fiorentina, son transfert a finalement été avorté. Malgré deux offres formulées par la “Viola”, les deux clubs ne sont jamais mis d’accord, et Rémi Oudin a passé la journée de lundi à l’aéroport de Vatry en attendant que la situation se débloque enfin. Sans succès. Même si cela peut représenter un échec dans sa carrière, ce ne sera que partie remise s’il conserve la même efficacité que la saison dernière. L’ailier sera donc encore rémois cette saison.
Bien que satisfait par la prestation de son équipe, David Guion affirmait toujours attendre un renfort au poste de numéro neuf. Et il est arrivé ! Tardivement, certes, mais ce renfort est bien là. Il s’agit du grec Anastasios Donis, un attaquant polyvalent qui peut évoluer à la pointe de l’attaque ou en soutien d’un second attaquant. Prêté avec option d’achat obligatoire en cas de maintien par le VfB Stuttgart (D2 allemande), il aura pour but de redonner des couleurs à une attaque rémoise qui semble désormais être sur la bonne voie.

 

Avec ses sept points glanés au cours des quatre premières rencontres, le Stade de Reims réalise un meilleur départ que la saison passée (un point de plus, ndlr). Désormais, les Rouge et Blanc doivent profiter de cette trêve internationale pour recharger les batteries, puisque le calendrier de septembre/octobre s’annonce particulièrement relevé. Trois déplacements, à Nantes, Paris et Rennes, seront entrecoupés des réceptions de Monaco puis Dijon. L’intégration des recrues sera également une étape importante pour le groupe, tandis que Mathieu Cafaro et Hassane Kamara reviendront de blessure. David Guion disposera donc d’un groupe au complet pour continuer son travail, et ainsi engranger des points dans le but de se mettre à l’abri le plus rapidement possible.

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