Un sprint final gâché

Alors que ses concurrents directs avancent à pas de géant, le Stade de Reims n’y arrive plus… (© Vincent Lapauw)

 

Avant d’entamer ce véritable sprint final, le Stade de Reims semblait en bonne posture pour décrocher son billet pour la Ligue 1. Avec une série de 4 matchs sans défaite dont 3 victoires, les Rémois étaient dans les meilleures conditions avant d’affronter le quatuor Lens/Le Havre/Strasbourg/Laval. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu…

 

Pour commencer, Lens est venu démontrer toute sa supériorité à Delaune. Après une première mi-temps équilibrée où les locaux auraient pu (dû ?) prendre l’avantage, les Nordistes inscrivent 2 buts en seconde période, dans laquelle ils ont su profiter de la fébrilité défensive rémoise. Un premier rendez-vous manqué, mais pas encore décisif pour la suite de la saison.

Ensuite, les Champenois se déplacent au Havre pour affronter une équipe qui n’a plus grand chose à jouer, la faute à un début de championnat très compliqué. En effet, les Havrais ont dû attendre la 7ème journée pour obtenir leur première victoire de la saison, avant de connaitre 2 nouveaux mois très compliqués entre décembre et février. Pourtant, ce sont eux qui ouvrent rapidement le score sur corner. Ils peuvent ensuite compter sur un match extraordinaire de leur gardien Fabien Farnolle, qui réalise prouesse sur prouesse pour les maintenir à flot. Heureusement, Pablo Chavarría entre et égalise pour obtenir un match nul plus que mérité. Il faudrait d’ailleurs se demander pourquoi n’a-t-il pas débuté en tant que titulaire… Certes, il revenait de blessure. Mais il a marqué les 2/3 de ses buts avant la 50ème minute ! Rien n’empêchait Michel der Zakarian de le faire débuter pour le sortir à la mi-temps. Ça aurait permis à nos jeunes de jouer le rôle de joker de luxe… En attendant, Reims ne ramène qu’un point.

Face à un concurrent direct, Strasbourg, les Rouge et Blanc doivent gagner pour se replacer dans la course à la montée. Dans un match serré, les corners font la différence et permettent à Rémi Oudin d’ouvrir le score puis à Felipe Saad d’égaliser pour les visiteurs.
Il est d’ailleurs très important d’analyser ces buts. Sur le corner rémois, il est possible de voir une phase arrêtée très travaillée, avec la volonté d’avoir des joueurs qui occupent toute la surface de réparation grâce à une multiplication des courses et des joueurs bien en mouvement. La technique s’avère être payante puisqu’à la suite d’une déviation de Pablo Chavarría, Oudin est seul au deuxième poteau pour scorer de la tête. D’où l’importance d’avoir toujours un joueur au second poteau… Au premier poteau, il y aura toujours quelqu’un si le ballon arrive dans cette zone. C’est de l’anticipation. Alors qu’au deuxième poteau, il faut faire l’effort de se placer au risque de ne pas recevoir le ballon ! Mais il y a souvent de très bons coups à jouer dans cette zone.
Côté strasbourgeois, l’égalisation est permise grâce à une erreur rémoise et plus précisément une erreur de marquage de Samuel Bouhours. C’est d’ailleurs la deuxième fois en deux matchs que Bouhours lâche le marquage sur un corner… Pour 2 buts encaissés qui coûtent chers. Cela reflète simplement un cruel manque d’attention et de concentration sur les phases défensives. A ce niveau-là, face à un adversaire de haut de tableau, cela se paie cash.

Après, il faut tout de même noter que cet adversaire a admirablement su éteindre le duo Kankava/Devaux, très important depuis leur retour. A la relance ils n’ont pas existé, et ce pour 2 raisons :

  • Le jeu rémois est beaucoup trop passé sur les côtés, et notamment côté droit. Forcément, les joueurs d’axe sont moins en vue…
  • Le milieu strasbourgeois composé d’Aholou et Grimm a totalement muselé Kankava. Quand on sait qu’il est le premier relanceur en s’insérant dans la défense et qu’il apporte cette touche technique qu’il manque souvent, le fait de couper le lien entre lui et ses partenaires était très judicieux.

Mais finalement, le tournant de la saison a certainement eu lieu dans ce match : à la 95ème minute, Mr Lannoy siffle un pénalty pour le Stade de Reims. Grejohn Kyei a la balle de match… mais expédie le ballon sur la barre ! Le match est terminé. En marquant, Reims aurait pu grimper provisoirement sur la 2ème marche du podium, juste derrière Brest et Lens en démarrant une nouvelle dynamique. Ce match de Strasbourg peut être ramené à 2 matchs différents lors de la saison de la montée :

  • Reims-Istres : alors que les deux équipes ont scoré une fois chacune dans le match, un dernier long ballon est envoyé vers Gaëtan Courtet. Bousculé par Kehiha au bout du temps réglementaire, l’arbitre désigne le point de pénalty. Hors d’eux suite à cette décision, les Istréens décident de rentrer aux vestiaires… avant de se raviser. Au final, 5 minutes de confusion se sont écoulées avant que Cédric Fauré ne transforme ce pénalty pour donner la victoire aux siens. Sang froid.
  • Reims-Troyes : grâce au retourné acrobatique de Fauré (encore lui) à la dernière minute, le derby est remporté par les locaux pour une victoire sur la plus petite des marges. C’était d’ailleurs presque à la même journée (33ème journée, ndlr) et ça a donné 3 points précieux après une période un peu plus compliquée, avec 3 matchs sans gagner. Derrière, les Rémois ne perdront plus un seul match.

Mais Grejohn Kyei n’est pas (encore ?) Cédric Fauré. Il n’a pas su inscrire ce pénalty décisif. Pourtant c’était bien à lui de le tirer puisqu’il avait converti ses 2 tentatives avec les pros (Lyon et Auxerre plus récemment). Mais là, il a changé de côté et a craqué. Apparemment, les Strasbourgeois l’ont aussi bien déconcentré. Oukidja, le gardien de l’équipe alsacienne, expliquait lui avoir dit “qu’il allait tirer au-dessus, et que ça allait arranger tout le monde sauf lui”. De son côté, Felipe Saad a défait les lacets du rémois. Ah, l’expérience… Cela aurait peut-être pu servir dans ce genre de situation. Car ce coup du sort aura forcément un impact sur la fin de saison rémoise.

Néanmoins, les Champenois ont une dernière chance à Laval, lanterne rouge du championnat. En ayant gagné un seul de leurs 16 derniers matchs (!), la spirale est loin d’être en leur faveur. Pour ce match, Edouard Mendy est préféré à Carrasso. Un premier choix discutable quand on sait qu’une hiérarchie avait été clairement établie en début de saison. Johann Carrasso n’est pas un gardien qui fait gagner les matchs, ok. Mais est-ce qu’il en a fait perdre cette saison ? Je ne suis pas sûr non plus. Disons simplement que c’est un bon gardien de Ligue 2. Par contre, pourquoi décider d’installer Mendy à ce moment-là ? Aussi, pourquoi décider de sortir Diego aujourd’hui ? Depuis début 2017, il n’apporte plus rien. Bref, cette composition ressemble bel et bien à un coup de la dernière chance.

Pourtant, les Rémois mènent rapidement d’un but puis creusent l’écart. Les occasions sont nombreuses, et le score peut être aggravé. Juste avant la mi-temps, sur un coup-franc dévié, les Mayennais réduisent le score juste avant la mi-temps. Derrière, ils semblent fébriles et on peut logiquement penser que le score s’aggravera encore en seconde période. D’ailleurs, un pénalty est obtenu par Chavarría ! Rémi Oudin ne parvient pas à le convertir et bute sur le gardien… La suite est une véritable descente aux enfers. Après les nouvelles occasions manquées, Laval égalise, prend l’avantage et inflige même une véritable correction à une équipe prétendante à la montée en Ligue 1. Après le pénalty, toute l’équipe a craqué mentalement. Et finalement, la saison est résumée en un seul match : le manque d’efficacité, la déficience mentale et l’incapacité à garder un score depuis le début de la saison. Le groupe entier a explosé, de l’entraineur au président, en passant par les joueurs. Maintenant, comment va se dérouler cette fin de saison ?

 

Vous allez peut-être me prendre pour un fou, mais… j’ai l’impression que Reims peut le faire. En jetant un oeil au classement actuel, Reims n’est “qu’à” 4 points de la 3ème place bridée par Strasbourg. Nous sommes d’accord pour dire que Brest et Lens semblent échappés au vu de leurs dynamiques respectives. Mais si nous battons Nîmes vendredi en profitant de résultats favorables, quel sera le discours d’après-match ? Moi, j’ai envie d’y croire. Mais ce qui me dérange le plus, c’est que plus personne ne semble y croire dans le club. Il faudrait donc un véritable miracle. De plus, nous n’affronterons plus personne du trio de tête. De toute façon, nous n’avons pris que 6 points sur 18 face à ces équipes… Un total bien trop maigre pour espérer monter directement.

Maintenant, il faudra faire un réel bilan avant d’entamer la saison prochaine. Si la descente aux enfers se poursuit, cela signifiera que Michel der Zakarian a peut-être reproduit les mêmes erreurs qu’avec Clermont lors de la saison 2011/12. Aussi, il faudra impérativement revenir sur la fuite des cadres (Devaux, Diego) qui n’auront que trop peu impacté cette saison.

Enfin, “c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens”… Attendons la 38ème journée. Il pourrait bien y avoir quelques rebondissements d’ici-là.

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