Sortie de route en Moselle

Double buteur, Ibrahima Niane a été le bourreau des Rémois ce dimanche. (© Le Républicain Lorrain)

 

La qualification obtenue jeudi en Suisse pour le troisième tour préliminaire d’Europa League a lancé une dynamique que le Stade de Reims comptait bien entretenir. Malheureusement, malgré une bonne entame de match, les Rémois ont connu un match bien difficile où ils se sont fait punir dans les derniers instants. Retour sur un match compliqué, où les Rouge et Blanc ont une nouvelle fois terminé le match en infériorité numérique.

 

Les lueurs d’espoirs

Dix-sept minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Ibrahima Niane pour ouvrir le score pour le FC Metz. Jusqu’alors, les Rémois avaient pourtant réussi à développer un jeu très séduisant. Malgré les difficultés observées lors des premiers matchs, les mouvements ont cette fois-ci été d’une telle fluidité que le football paraissait simple. Le une-deux entre Zeneli et Chavalerin en est le parfait exemple. Les Champenois ont beaucoup tenté dans ce premier quart d’heure que ce soit par Arbër Zeneli ou encore Boulaye Dia, qui a vu sa belle frappe enveloppée fuir le cadre d’Alexandre Oukidja. Et malheureusement, sur la première occasion messine suite à une faute de Yunis Abdelhamid, Niane a trouvé le chemin des filets. Derrière cela, les visiteurs n’ont jamais pu renouveler ces mouvements.

 

L’imbroglio Maresić

Arrivé au club en août 2019 dans le rôle du troisième défenseur central, Dario Maresić n’a disputé que 90 minutes la saison dernière. C’était face à Brest, juste avant que la saison de Ligue 1 ne s’arrête définitivement. Malgré l’arrivé de Wout Faes, l’international espoir autrichien croyait bien grimper dans la hiérarchie et devenir titulaire cette saison aux côtés d’Abdelhamid. Mais rapidement, c’est-à-dire dès les matchs de préparation, David Guion a installé le duo Faes/Abdelhamid. En l’absence de ce dernier à Angers, Maresić a pu être aligné d’entrée par son coach, et à son bon poste cette fois-ci. Efficace en première période, il a ensuite dû faire la paire avec Marshall Munetsi suite à l’expulsion de Faes. Malheureusement, les deux compères sont fautifs sur le but de Bahoken. Le jeudi à Genève, la sanction tombe : Wout Faes peut jouer dans cette compétition, et c’est Marshall Munetsi qui l’épaulera. Un premier choix difficilement compréhensible pour “Super Dario”, qui voit ainsi un joueur dont ce n’est pas le poste lui être préféré à son poste.

Dimanche à Metz, Yunis Abdelhamid faisait son retour dans le groupe. Cela semblait évident que si le Marocain était dans le groupe, c’était pour retrouver sa place de titulaire. Wout Faes étant suspendu, Maresić aurait logiquement dû débuter ce match. Mais Guion en a décidé autrement, préférant une nouvelle fois titulariser Munetsi à un poste qui n’est pas le sien. Et très clairement, le Zimbabwéen n’est pas très à l’aise dans cette position. S’il est solide dans les duels aériens, il semble beaucoup trop limité lorsqu’il s’agit d’effectuer une première relance propre. De même, son placement souvent approximatif ne lui permet pas de compenser ses lacunes en terme de vitesse. C’est d’ailleurs sur ce point faible que le match a basculé… Au retour des vestiaires, il est totalement dépassé par l’accélération de Niane, et commet une faute stupide en position de dernier défenseur. Carton rouge inévitable. Mais qui est le plus fautif ? Marshall Munetsi, qui est en manque total de repères, ou David Guion, qui l’a titularisé à ce poste en ayant un défenseur central de formation sur le banc ?

Dario Maresić est donc entré en jeu, et a réalisé une sérieuse deuxième mi-temps. Il a compensé son erreur de marquage par un geste défensif de grande classe, empêchant l’intenable Niane de faire le break à l’heure de jeu. Quoiqu’il arrive, il sera titulaire dimanche prochain face au PSG. Il aura à coeur de montrer que son coach se trompe sur lui… Un bon match pourrait, enfin, lancer sa saison.

 

Des failles dans l’effectif ?

Depuis trois saisons, le Stade de Reims est entré dans un projet étroitement lié au trading de joueurs. Cela signifie que les meilleurs joueurs, après avoir prouvé et tout donné sous le maillot rémois, disposent d’un bon de sortie qui leur permet d’aller poursuivre leur progression dans un club plus huppé. Siebatcheu, Jeanvier, Engels, Mendy, Oudin, Kamara ou encore Disasi ont bénéficié de cette passerelle. Néanmoins, ce type de projet comporte énormément de limites. Et si Reims accumule les bons coups côté mercato pour compenser les différentes pertes de ses joueurs, il manque, aujourd’hui, quelques retouches dans un effectif pourtant déjà bien garni.

La première interrogation concerne le poste de latéral droit. Pendant longtemps, le club tenait absolument à trouver une doublure pour Thomas Foket. Pour faire simple, il n’a pas de concurrence depuis le départ de Métanire. Certains noms (dont Zeefuik) sont revenus régulièrement ces dernières semaines, mais aujourd’hui tout semble être en stand-by. En l’absence du belge, c’est donc une vaste opération bricolage. Maresić ou Sissoko peuvent dépasser à ce poste. Fodé Doucouré ne semble pas encore avoir les épaules pour être un concurrent sérieux. En préparation, le polyvalent Marshall Munetsi s’est même essayé à ce poste pendant 45 minutes. Quoiqu’il en soit, une recrue semble nécessaire.

Ensuite, un taulier de l’effectif a fait ses valises dans l’anonymat le plus total. En effet, Alaixys Romao a rejoint Guingamp après deux saisons passées en Champagne. Plus qu’un simple milieu défensif, le club a perdu un véritable taulier du vestiaire. Si Yunis Abdelhamid semble avoir repris le flambeau, l’international togolais n’a toujours pas été remplacé. Cassamá pourrait bien évidemment faire l’affaire à ce poste de sentinelle. Mais si ses récentes prestations continuent ainsi, il faudra bien évidemment revoir rapidement son statut.

 

“Interro surprise”

Rajković : 4
Malgré quelques interventions nécessaires, le Serbe concède deux buts dans ce match, sur lesquels il ne peut pas faire grand chose.

Foket : 6
Appliqué défensivement, le latéral belge s’est même permis quelques apports offensifs bien sentis. C’est d’ailleurs lui qui obtient le pénalty transformé par Dia. Un bon match dans l’ensemble.

Munetsi : 2
Durant la première période, il a presque paru s’adapter à son nouveau poste… puis est arrivé la 52ème minute, et cette faute totalement stupide qui change le cours du match.

Abdelhamid : 5
Pour son retour, le capitaine a rassuré sa défense mais s’est fait peur lui-même. Il concède le coup-franc sur l’ouverture du score, perd dangereusement quelques ballons et est en retard sur Niane, qui inscrit le but de la victoire en fin de match.

Konan : 5
Même s’il a alterné le bon et le moins bon, le match de l’international ivoirien est globalement satisfaisant. Il est néanmoins absent au marquage sur le premier but.

Cassamá : 4
Pour la deuxième fois consécutive, le match du jeune milieu de terrain ne restera pas dans les mémoires. Il n’a jamais influé sur le jeu de son équipe et a réalisé un match plutôt transparent.

Berisha : 7
Certainement le meilleur joueur ce dimanche. Il monte en puissance match après match, et deviendra sûrement un maillon essentiel de l’équipe. Sa combativité, sa technique et sa vision du jeu prouvent que c’est un joueur de haut niveau.

Chavalerin : 5
Il a été moins en vue que lors des précédents matchs. Il ne faut pas oublier qu’il a joué 90 minutes jeudi…

Cafaro : 4
Boudeur au coup de sifflet à Genève suite à son statut de remplaçant, il a eu plus d’une heure pour prouver à David Guion qu’il devait figurer dans le onze de départ. Sans succès, même s’il aurait pu bénéficier de quelques occasions dans le premier quart d’heure avec une meilleure vision du jeu de ses coéquipiers.

Dia : 6
Dans un rôle de pivot et de remises, il a réalisé un match plutôt intéressant. De même, il n’a pas tremblé lorsqu’il a fallu transformer le pénalty peu avant la mi-temps.

Zeneli : 5
Omniprésent à l’entame de match, il a ensuite baissé le pied. Malgré tout, ses accélérations sur le côté et sa capacité à évoluer à tous les postes offensifs perturbent les défenses adverses. Avec plus de temps de jeu et de confiance, il devrait progressivement gratter du temps de jeu.

Suite à l’expulsion de Marshall Munetsi, Guion a dû précipitamment lancer Maresić. S’en est suivi un double changement à l’heure de jeu avec les entrées de Kutesa et Touré, qui n’ont pas eu de réels ballons à exploiter. Enfin, l’entrée de Sierhuis en toute fin de match est anecdotique.

Note du match : 11/20
Un bon premier quart d’heure, puis plus rien. Le pénalty obtenu avant la mi-temps a permis de relancer le suspense entre les deux équipes, qui a été rapidement tué lors du carton rouge rémois. L’attaque/défense mise en place n’a laissé guère d’espoirs aux Rémois, cruellement punis à la 88ème minute.

 

Un point sur douze : tel est le (faible) bilan du Stade de Reims à l’issue des quatre premières journées. Avant la prochaine trêve internationale, les Rémois devront recevoir le PSG puis se déplacer à Rennes. Un calendrier compliqué, auquel pourrait venir se greffer un match supplémentaire de barrage pour l’Europa League. Quoiqu’il en soit, le prochain rendez-vous est déjà fixé à jeudi 18h, en Hongrie pour affronter le MOL Féhérvár. Pour terminer sur une note positive, il ne faut pas oublier que l’an dernier Strasbourg n’avait pas gagné le moindre match de championnat durant sa campagne européenne. Cela ne les a pas empêché de terminer à la dixième place lors de l’arrêt du championnat. So wait and see… and be patient.

 

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