Reims impressionne d’entrée

Les Rémois peuvent jubiler après avoir fait le break en toute fin de match. (© Stade de Reims)

 

Débuter une saison par un déplacement au Vélodrome pouvait paraître être une mission délicate pour les hommes de David Guion. Pourtant, ce sont bel et bien eux qui se sont imposés lors de ce premier match de championnat, sur le score de deux buts à zéro. Au terme d’une partie maîtrisée de bout en bout, le Stade de Reims est venu à bout d’un Olympique en manque d’idées, et pour qui la saison promet une nouvelle fois d’être longue. De leur côté, les Rémois surfent sur une dynamique qui dure depuis deux saisons maintenant, et espèrent réaliser un exercice 2019-2020 dans la lignée du précédent.

 

Un côté gauche de feu

Hiroki Sakai n’a jamais réussi à contenir les intenables Kamara et Doumbia. (© Iconsport)

Pour débuter cette nouvelle saison, David Guion ne s’imaginait certainement pas aligner un duo Kamara/Doumbia sur le côté gauche. Mais entre un Ghislain Konan tout juste remis de sa blessure au dos, et un Arber Zeneli out pour le restant de la saison, cela semblait être la meilleure (et la seule ?) option possible.
Véritable couteau suisse de cette équipe rémoise, Hassane Kamara a une nouvelle fois prouvé qu’il répondrait présent dès que l’on ferait appel à lui, peu importe le poste auquel il jouerait. Latéral gauche samedi, c’est incontestablement l’homme de ce match. Il est le joueur qui a gagné le plus de duels (14), qui a réussi le plus de tacles (7) et le plus d’interceptions (6) dans ce match, ce qui en fait un élément clé de ce système défensif. Tout aussi précieux dans son apport offensif, ses montées incessantes ont grandement contribué à déséquilibrer le bloc marseillais par ce côté. C’est parfois à se demander si Konan parviendra à retrouver sa place, tant sa doublure épate match après match.
Devant lui, Moussa Doumbia est, comme à son habitude, virevoltant. Ses accélérations en contre et ses percussions incessantes balle au pied ont facilité la transition entre la défense et l’attaque. Mais l’international malien est parfois trop sur courant alternatif, et à tendance à disparaître dans un match…
Face à Sakai, trop souvent abandonné par son collègue Nemanja Radonjić, les Rouge et Blanc multiplient les vagues côté gauche, bien conscients de leur supériorité dans cette zone du terrain. Cette supériorité a aussi été permise grâce à l’apport de Boulaye Dia, qui a profité de la mobilité et de la liberté accordée par son coach aussi bien pour décrocher, attirer les défenseurs et libérer de l’espace dans son dos, que pour se déplacer sur le côté en permutant avec Doumbia. Les plus grosses occasions rémoises, en tout début de match et sur l’ouverture du score, ont été créées ainsi. Cela fait partie de l’une des satisfactions de ce match.

 

Le collectif rémois déjà bien huilé

Le collectif rémois a brillé au Vélodrome ce samedi. (© AFP)

Au-delà des individualités, c’est surtout le collectif rémois dans son ensemble qui a impressionné ce samedi. En gardant quasiment le même onze de départ que la saison dernière (neuf des onze joueurs titulaires l’étaient aussi régulièrement l’an passé), David Guion avait inéluctablement un temps d’avance sur son homologue du jour, fraîchement débarqué sur la Cannebière avec un effectif encore à consolider. Et il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour le remarquer. A peine deux minutes ont été jouées lorsque, sur une première montée de Kamara, Boulaye Dia adresse un bon ballon en retrait magnifiquement remisé en une touche par Dingomé. Moussa Doumbia se présente seul face à Mandanda, mais le champion du monde sort vainqueur de ce premier duel. Il remportera également le second à la demi-heure de jeu, face au très remuant Dia cette fois-ci.
Et même lorsque le bateau tangue, il résiste à la tempête et au coup de canon envoyé par Strootman, abandonné au marquage par Oudin, sur l’équerre pour lancer une contre-offensive des plus efficaces. C’est ainsi que, 40 secondes seulement après la grosse occasion marseillaise, Doumbia remonte le ballon pour lancer une nouvelle fois Dia sur le côté gauche. Sur un une-deux parfait avec le chef d’orchestre Dingomé, encore une fois impressionnant de justesse technique qui nous a régalé de ses déviations, remises, talonnades, et passes bien senties, le natif d’Oyonnax profite de l’une d’entre elles pour récompenser ce collectif, qui méritait bien d’ouvrir le score. Et lorsque la pépite de 17 ans Nathaël Mbuku tout juste entré en jeu, élimine 4 marseillais pour lui offrir à nouveau un tête-à-tête avec Mandanda, il sert son concurrent Hyun-jun Suk pour assurer le coup. Et s’offrir une passe décisive au passage. C’est aussi ça, un collectif. Ce n’est pas seulement des mouvements, des enchaînements et des combinaisons. C’est aussi un groupe qui vit bien, qui vit bien ensemble sur et en dehors du terrain. Et dans ce collectif-là, c’est un attaquant qui en sert un autre pour le mettre en confiance. Si ces bases-là réussissent à être préservées malgré les départs, alors ce groupe pourra encore aller très loin cette année.

 

Des certitudes malgré l’absence de recrues

Et si Boulaye Dia avait les capacités de s’imposer à la pointe de l’attaque ? (© AFP)

Dans 3 semaines, le mercato estival sera clôturé. Pour le moment, le Stade de Reims ne compte que deux recrues : le gardien serbe Predrag Rajković, et le milieu de terrain Marshall Munetsi. Suite au départ d’Édouard Mendy, le premier nommé gardait les buts hier après-midi au Vélodrome. Pas toujours rassurant, notamment dans ses sorties aériennes, il faudra attendre quelques matchs encore afin de pouvoir juger réellement son niveau et débuter les comparaisons avec Mendy, qui a brillamment exercé son rôle de dernier rempart lors des deux dernières saisons.
Au fil des interviews et sorties médiatiques, staff et dirigeants semblent vouloir quatre à cinq recrues supplémentaires : un défenseur central titulaire, un arrière droit pour concurrencer Thomas Foket, un avant-centre, et un ou deux joueurs de côté, certainement en fonction du départ ou non de Rémi Oudin. Néanmoins, la première sortie des Rémois samedi après-midi a pu montrer que ce recrutement ne demandait pas à être bouclé dans l’urgence.
Tous les ans, un leader d’attaque est souhaité. En investissant 3 millions d’euros l’été dernier sur le sud-coréen Hyun-jun Suk, ce dossier aurait pu semblé être bouclé. Mais les prestations trop peu convaincantes de l’ancien troyen poussent aujourd’hui les dirigeants à réactiver certaines pistes. Cependant, une recrue bien moins onéreuse effectuée initialement pour la Pro 2 semble grandir aussi vite que le club. Il s’agit de Boulaye Dia. Qui aurait pensé que ce jeune garçon débarqué de Jura Sud pour 200 000€ serait titulaire avec l’équipe première un an plus tard, qui plus est à Marseille pour l’ouverture du championnat ? Pas grand monde. Pourtant, David Guion lui a fait confiance dans un match où il était certain d’avoir des espaces, qu’il a parfaitement exploité. Il n’a pas non plus rechigné aux efforts défensifs, comme Chavarría était capable de le faire, en se replaçant rapidement à la perte du ballon pour ensuite effectuer ce premier pressing sur la ligne défensive adverse qui permet au bloc derrière lui de le suivre, et de travailler ensemble. Replacé côté droit en fin de match, il a parfaitement aidé Thomas Foket à verrouiller le couloir droit pour éviter les vagues d’attaques adverses qui paraissent interminables dans les dernières minutes d’un match. Alors au final, on se dit que ça peut être lui, la bonne surprise cette saison.

 

En s’imposant d’entrée à Marseille, le Stade de Reims prouve qu’il faudra de nouveau compter sur lui cette année. Malgré l’absence de recrues pour compenser les départs de l’intersaison, le collectif rémois s’est uni ce samedi pour débuter sa deuxième saison dans l’élite de la meilleure des manières. Ensemble.
Dimanche après-midi, les Champenois retrouveront Delaune pour affronter Strasbourg, tenu en échec ce week face au FC Metz (1-1) et qui recevra le Lokomotiv Plovdiv jeudi soir pour le match retour de leur 3ème tour qualificatif en Ligue Europa.

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