Les Rouge et Blanc piétinent

2 points en 2 matchs : le bilan aurait pu être meilleur cette semaine. (© Stade de Reims)

 

En affrontant Tours et le Gazélec Ajaccio, le Stade de Reims avait l’occasion de creuser l’écart sur ses concurrents directs à la montée, et même de se rapprocher du leader brestois.

Malgré une lueur d’espoir apparue après la victoire face au Red Star, les Rémois sont retombés dans leurs travers contre Tours. Pourtant, Michel der Zakarian a décidé de ne pas changer son onze de départ par rapport au match précédent, hormis la titularisation de Grégoire Amiot qui débute à la place de Julian Jeanvier, blessé aux ischio-jambiers.

 

Cependant, Reims a livré une prestation bien différente, sans réussir à se procurer d’occasions franches. Un mal récurrent depuis le début de saison, qu’importe les systèmes tactiques utilisés.

Dans ce 4-4-2, les joueurs de côtés ont un rôle prépondérant dans l’animation offensive, qui repose énormément sur les dédoublements des latéraux pour créer un surnombre dans le camp adverse.
Sur le côté gauche, Bouhours a vécu un match très compliqué à tous les niveaux : il n’a pas apporté offensivement, et a été en difficulté défensivement, avec beaucoup trop d’approximations techniques envers ses coéquipiers. Devant lui, Diego ne l’a pas beaucoup aidé non plus… Il a été une nouvelle fois l’ombre de lui-même. Peu présent dans le jeu, il n’a pas du tout pesé sur la défense tourangelle. Il faudra d’ailleurs revenir sur les dernières prestations du brésilien, qui semble loin de son meilleur niveau depuis le début de l’année 2017. Vous allez me dire, « à l’image de l’équipe »… Et vous n’avez pas tort. Mais les deux pourraient bien être étroitement liés. Quand Diego flambe, comme contre Troyes, Reims est bon. Quand il n’est pas là, cela devient (encore) plus compliqué. A Sarreguemines, il était suspendu. Pour son retour à la compétition, il était contraint de sortir sur blessure contre Bourg-en-Bresse à la mi-temps, après avoir pourtant provoqué un pénalty. Depuis, il est en grande difficulté et les supporters n’ont pas manqué de le lui faire remarquer. Contre Tours, il a été rendu coupable de quelques gestes d’humeur envers la tribune Méano, avant de sortir énervé… sous les sifflets nourris.
De l’autre côté, Hamari Traoré et Romain Métanire n’ont guère fait mieux. Techniquement, Traoré a manqué beaucoup de passes, ce dont nous n’avons pas forcément l’habitude de voir venant de sa part. Quant à Métanire, il n’a pas apporté beaucoup plus. Mais il faut tout de même souligner que cette association est encore en rodage : Traoré revient seulement de la CAN, alors que la nouvelle recrue rémoise s’intègre peu à peu dans cet effectif. Mais pour peaufiner cette entente, il faudra qu’il ait une vraie continuité dans les compositions d’équipes, à l’image de la paire Bouhours/Diego.

Dans ce match très pauvre, un facteur est venu s’ajouter pour rendre cette soirée encore plus morose : une erreur de Johann Carrasso. Sur une frappe lointaine, le portier rémois négocie mal la trajectoire du ballon, qui lui a subitement échappé des gants. Après un rebond sur la barre transversale, celui-ci a été repris par Florian Miguel pour ouvrir le score. Et les Champenois l’ont échappé belle, puisqu’une frappe de Bouanga s’écrase sur la barre transversale à l’heure de heure, ce qui aurait pu mettre les locaux dans une position plus que délicate avec 2 buts de retard.
Heureusement, les entrées de Berthier et Oudin ont apporté une légère amélioration. D’ailleurs, le premier nommé a offert un superbe centre que Pablo Chavarría a su convertir, sur l’une des rares occasions rémoises. Le match nul est donc très bien payé !

 

4 jours plus tard, les Rémois se déplacent au Gazélec Ajaccio avec l’occasion de se racheter rapidement. Pour cela, Michel der Zakarian opte pour une stratégie radicale : tous les joueurs connaissant une baisse de forme sont écartés du onze de départ. Autrement dit, Diego laisse sa place à Oudin, Traoré s’empare du poste de défenseur gauche, Da Cruz fait son retour en remplaçant Rodriguez, tandis que Berthier est chargé d’animer le côté droit. Surtout, le grand retour à signaler est celui d’Antoine Devaux, qui n’avait plus joué depuis le 9 août en Coupe de la Ligue. En plus, il débute en tant que numéro 10, un poste qu’il connait mais qu’il n’occupe pas régulièrement.

Même si les Rémois n’ont absolument rien montré pendant les 30 premières minutes, l’ensemble de ces choix se révèlent être payant puisque sur une incursion de Rémi Oudin, Devaux vient couper la trajectoire du ballon pour ouvrir le score. Dans la foulée, Grégory Berthier aurait pu marquer d’une façon assez similaire sur un nouveau bon centre d’Oudin, mais grâce à l’ultime retour du défenseur le ballon passe au-dessus des buts gardés par Elena (moins coopératif qu’au match aller)… Il faut en profiter pour souligner la prestation intéressante de Rémi Oudin. Pas toujours en réussite sur ses précédents matchs, il a su, sur ce match, percuter et distiller de bons ballons à ces partenaires par ses centres. Il est d’ailleurs possible de remarquer que les centres ont été travaillés cette semaine. Au lieu d’en envoyer une cinquantaine (!) sur certains matchs, ceux-ci ont été beaucoup plus dangereux grâce à une trajectoire assez tendue au second poteau. Et il semble que tous les joueurs aient adopté cette technique, de Oudin à Berthier, en passant par Métanire. Malgré quelques ballons perdus, la nouvelle recrue rémoise a réalisé une prestation intéressante. Il a sans doute les épaules pour s’imposer dans cette équipe.

A force de subir en seconde période, ce qui devait arriver arriva : à 5 minutes du coup de sifflet final, le Gazélec égalise sur un ballon dévié de la tête par Tshibumbu. Il faut tout de même préciser que Reims était à 10, après une expulsion grotesque de Kankava qui n’est pas sorti assez vite au goût de l’arbitre. Cependant, même en étant à 11, les Rémois parviennent rarement à garder un score depuis le début de la saison, puisqu’ils ont connu 6 égalisations alors qu’ils menaient au score à l’extérieur. Le plus préjudiciable, c’est que le Géorgien sera absent au minimum un match. Et quand on voit le niveau des autres milieux en ce moment, il y a de quoi s’inquiéter. Da Cruz a réalisé un bon match défensivement grâce à son impact physique, mais un ballon dans ses pieds est généralement un ballon perdu peu après à cause d’une passe trop approximative.
Rodriguez n’était que l’ombre de lui-même ces derniers temps par rapport au début de saison. Paradoxalement, il n’a réalisé des matchs intéressants qu’en étant associé à Da Cruz.
Quant à Devaux, qui a joué un cran plus haut, il sauve son match grâce au but marqué. Sinon, il a été d’une transparence totale. Mais en étant plus de 6 mois sans jouer, comment pourrait-il être performant ? Il lui faudra sans doute quelques matchs pour lui permettre de reprendre ses marques. De toute façon, c’est un joueur sans contrat au mois de juin donc il n’aura pas d’autres solutions que de se montrer, que ce soit pour partir dans un autre club ou pour avoir la chance de prolonger.

 

Actuellement, le Stade de Reims piétine : en 2017, il n’a pris que 6 points sur 15 possibles. En générant un classement basé uniquement sur les résultats de la phase retour, il figure à la 12ème place. A titre de comparaison, Brest est 3ème ex-aequo avec Bourg-en-Bresse.

Maintenant, les Champenois doivent prendre des points et continuer leur série, puisqu’ils restent tout de même sur 4 matchs sans défaite. En cas de victoire face à Sochaux ce samedi, le bilan serait un peu plus positif, et redémarrer une série de victoires à domicile pourrait bien être décisif pour la suite de la saison. Rendez-vous samedi, 15h à Delaune !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *