Le Stade de Reims échoue à Lyon

Le match a basculé sur cette invention non maîtrisée de Cassamá, à la suite d’une perte de balle de Munetsi. (© Damien LG – OL)

 

Défait à domicile contre Nîmes la semaine passée, le Stade de Reims comptait bien se racheter chez un adversaire qui lui réussi particulièrement bien : l’Olympique Lyonnais. En effet, les Rémois n’avaient plus perdu face aux Gones depuis… octobre 2015 ! Mais cette fois-ci, il n’y a pas eu de miracle. Menés puis réduits à dix dans la foulée, les hommes de David Guion ne sont pas parvenus à revenir dans un match qu’ils ont lâché une fois le break concédé, en tout début de deuxième mi-temps. Retour sur une partie à sens unique, qui n’a fait que confirmer les difficultés actuelles des Rouge et Blanc.

 

Une faiblesse rare

Dans une saison, il y a ces matchs “références”, qui se rapprochent de la prestation parfaite. Et puis il y a les autres… Ceux où il n’y a pas grand chose à retenir malgré quatre-vingt dix minutes disputées. Ce match à Lyon fait bien évidemment partie de cette seconde catégorie. En plus de constituer la septième défaite rémoise de la saison, cette prestation a peut-être été la pire de l’année. Malgré vingt premières minutes encourageantes, l’ouverture du score de Toko-Ekambi suivie du carton rouge de Moreto Cassamá ont définitivement plombé ce match.

Pourtant, lorsque l’arbitre M. Miguelgorry a renvoyé les vingt-deux acteurs aux vestiaires à la suite d’un dernier (et unique) duel de Dia avec Lopes, les locaux n’avaient qu’un but d’avance sur les Rouge et Blanc. Mais en faisant le break au retour des vestiaires, ils n’ont laissé aucune chance aux Rémois, qui n’ont jamais pu revenir dans ce match et ne sont jamais parvenus à reproduire les quelques bonnes séquences entrevues en tout début de match. La deuxième mi-temps à sens unique fut interminable, encore plus après le troisième but lyonnais. Les entrants Zeneli et Sierhuis ont tout tenté pour se mettre en évidence, mais ont été trop souvent esseulés en raison de l’infériorité numérique. Sans jamais parvenir à ressortir le ballon, les Champenois ont subi les assauts lyonnais en attendant le coup de sifflet final. Trois buts à zéro et une nouvelle défaite : un lourd bilan pour l’ultime match de novembre.

 

Reims voit rouge

Une nouvelle fois, Reims s’est tiré une balle dans le pied en étant réduit à dix à la demi-heure de jeu. C’est le cinquième carton rouge rémois cette saison, voire six en comptant celui de Foket contre Féhervar en Europa League ! Six, soit le même nombre que la saison passée en Ligue 1, en vingt-huit journées. Outre le fait qu’ils soient bon derniers au classement du fair-play, les Rémois s’affaiblissent seuls dans une période où ils n’ont pas vraiment besoin de ça pour être en difficulté.

Cette accumulation de suspensions ne permet pas à l’équipe d’obtenir la stabilité nécessaire à l’obtention de résultats. Pour preuve, la courte série d’invincibilité obtenue par les Rémois résulte d’un onze de départ identique (ou quasi-identique, à l’exception de Doucouré) entre les trois confrontations contre Montpellier, Strasbourg puis Lens.

Avec cette nouvelle expulsion, Moreto Cassamá a obtenu son deuxième carton rouge lors de ses deux dernières titularisations. Face à la pénurie actuelle de milieux de terrain, sa présence contre Nice dans ce secteur aurait fait le plus grand bien… Au lieu de ça, David Guion va devoir réaliser une nouvelle opération bricolage.

 

Quelle composition contre Nice ?

Pour la réception de Nice dimanche prochain à 17h, les absents seront encore nombreux côté rémois. Les absences de Berisha (COVID-19), Chavalerin (blessé à la cuisse) et donc Cassamá (suspendu) contraindront le technicien rémois à considérablement revoir ses plans. Si la défense ne devrait pas connaître de changement majeur par rapport à ce match, tout est à reconstruire en ce qui concerne les six joueurs restants à disposer sur la feuille de match.

Au milieu, seul Munetsi est pour le moment apte. Il faudra donc miser sur le jeune Drammeh ou le polyvalent Maresić, sauf si Cafaro est capable de jouer un match complet un cran plus bas sans déséquilibrer l’équipe.

Devant, la composition de l’attaque est elle-aussi incertaine. En conférence de presse d’après-match, David Guion a avoué que Boulaye Dia n’était pas à 100% avant de débuter ce match. Son état physique sera donc à surveiller cette semaine. Sur les ailes, le retour de Doumbia n’a pas forcément convaincu. En réalité, l’éviction de Mbuku du onze de départ reste difficile à comprendre. Tout comme l’absence totale de Dereck Kutesa, très en vue cet été puis lors des premiers matchs, qui a totalement disparu des radars. De son côté, Donis aura-t-il droit à une chance supplémentaire ? Et Hornby va-t-il uniquement servir de “sparring-partner” cette saison ? Y a-t-il une chance d’avoir une surprise “Sakava” au milieu de terrain ? Tant d’interrogations qui nous tiendront en haleine jusqu’à dimanche après-midi.

 

“Interro surprise”

Rajković : 4
Sauvé deux fois par ses montants, le gardien serbe encaisse trois buts sans réelles responsabilités sur ceux-ci… mais sans être décisif non plus.

Foket : 4
Après une première demi-heure intéressante, il a ensuite subi les attaques adverses, comme l’ensemble de la défense. De plus, il aurait peut-être pu empêcher le centre de Depay sur l’ouverture du score en étant plus réactif…

Faes : 4
Le défenseur central belge a effectué quelques bonnes interventions dans les premières minutes, et s’est appliqué à la relance (sauf une…). Malgré tout, il n’a pas pu éviter le naufrage global de son équipe et semble encore en délicatesse sur les ballons dans son dos.

Abdelhamid : 4
Le capitaine rémois n’est pas parvenu à sonner la révolte et a été, à l’image de l’équipe, beaucoup trop tendre défensivement.

Konan : 4
Pour son retour, l’international ivoirien n’a pas fait d’éclats. Il devrait monter en puissance avec un peu plus de rythme.

Munetsi : 3
L’homme de base de David Guion a une nouvelle fois mis en difficulté son équipe. Une perte de balle qui contraint Cassamá à se sacrifier, puis une frappe déviée (bien involontairement) sur le but du break. Encore un match très compliqué pour le Zimbabwéen.

Cassamá : 3
Vingt minutes de grande qualité avec cette superbe ouverture vers Cafaro, puis ce nouveau carton rouge. Quel dommage que Moreto Cassamá soit si irrégulier dans ses prestations…

Cafaro : 4
Pendant longtemps, il a pensé sauver son équipe par des actions individuelles. Sans succès. Contraint d’évoluer un cran plus bas, il a logiquement été moins en vue.

Doumbia : 3
Son retour était attendu, mais l’international malien manque encore beaucoup trop de rythme pour peser dans un match. Peut-être aurait-il été préférable d’attendre encore un peu avant de le revoir titulaire…

Touré : 3
Profitant du retour de Sierhuis sur le banc, El Bilal Touré retrouvait les terrains avec l’objectif de reformer le séduisant duo avec Dia du début de saison. Malheureusement, il s’est montré trop discret balle au pied, même si quelques uns de ses pressings ont été efficaces.

Dia : 4
Malgré une bonne situation en fin de première période, l’international sénégalais a globalement été bien muselé par la défense adverse.

Suite à l’expulsion de Cassamá à la demi-heure de jeu, David Guion a fait le choix de ne pas réajuster son équipe en descendant d’un cran Cafaro. Les deux double-changements Zeneli/Mbuku et Sierhuis/Drammeh n’ont pas eu de réelle influence sur l’issue du match, tant les Rémois ont subi dans ce deuxième acte.

Note du match : 12/20
L’entame de match séduisante a laissé place à une domination lyonnaise jusqu’au coup de sifflet final, bien aidés par une faible prestation des Rémois qui ont été trop tôt réduits à dix pour espérer exister dans cette partie.

 

Avec sept défaites en douze rencontres, le Stade de Reims est en train de vivre une période compliquée. Par chance, l’écart n’est pas encore trop conséquent avec les autres équipes, notamment celles du ventre mou. Néanmoins, la victoire de Dijon ne fait pas les affaires des Rémois qui peuvent potentiellement se retrouver lanterne rouge à l’issue de la prochaine journée. A Delaune, les Rouge et Blanc accueilleront l’OGC Nice, qui n’a gagné qu’un seul de ses quatre derniers matchs de Ligue 1. Cet adversaire pourrait leur permettre de se relancer afin d’éviter de jouer avec la peur au ventre lors des prochains matchs jusqu’à la trêve…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *