La qualification sans la confirmation

Malgré une qualification en Coupe de la Ligue obtenue en milieu de semaine, la défaite à Nice laisse un goût amer dans la bouche des Rémois. (© OGC Nice)

 

Après la réception du Petit Poucet de la Coupe de La Ligue mercredi dernier, le Stade de Reims débutait ce mois de novembre comme avait débuté celui d’octobre, c’est-à-dire avec un déplacement compliqué en championnat. Si les Rouge et Blanc avaient à l’époque brillamment disposé de timides Rennais, les Niçois eux se sont montrés bien plus réalistes, bien aidés par quelques faits de jeu favorables.
Tout d’abord, nous reviendrons sur ce match de Coupe de la Ligue avec Jérémy Romany, joueur inamovible de Bourg-en-Bresse Péronnas qui a été laissé au repos face aux Rémois, avant d’évoquer la quatrième défaite rémoise de la saison concédée sur la Côte d’Azur.

 

“On est sortis la tête haute”

Menés par deux buts d’écart en première mi-temps, les visiteurs n’ont rien lâché pour finalement aller inscrire un but mérité. (© FBBP01)

Titulaire indiscutable de cette équipe bressanne, Jérémy Romany n’a pourtant pas disputé ce match de gala face au Stade de Reims. “Ayant participé à tous les matchs de mon équipe et étant dans une semaine à trois matchs puisque nous avions joué dimanche en Coupe de France, le coach a pris la décision de me faire souffler pour que je puisse mettre toutes mes forces dans le match de samedi contre l’US Avranches (match nul 1-1, ndlr)”.
Cela n’a pas empêché le défenseur central de vivre intensément ce match, et d’être impressionné par cette équipe rémoise… “Nous avons joué contre une très belle équipe qui, dans l’implication et la qualité technique, nous a montré pourquoi elle était quatrième de Ligue 1″, concède le natif de Saint-Priest. Et cette équipe quatrième de Ligue 1, ils la connaissaient par cœur… Avec leur coach Karim Mokkedem, les Bleus avaient parfaitement préparé ce match et décortiqué le jeu rémois, en ayant la connaissance des points forts et des points faibles de leur adversaire du jour. “Pour nous, il y avait un coup à jouer sur leur pertes de balle. Ils ont quelques joueurs qui tardent sur le repli défensif, et hier nous avons eu quelques bonnes situations que nous avons mal exploitées”.
En effet, les visiteurs ont donné des sueurs froides d’entrée de jeu à des Rémois qui ont eu du mal à se mettre en route dès le début du match. Après l’approximation de Lemaître, le FBBP01 se crée une nouvelle occasion sur un contre bien mené mais la frappe de Livio Nabab échoue sur la barre transversale… avant de se faire punir par deux fois quelques minutes plus tard. Un cruel scénario. “Après un premier but encaissé rapidement face à une équipe de Ligue 1, on se dit que les minutes qui suivent vont être cruciales, qu’il faut rester fort mentalement et redoubler d’effort pour ne pas encaisser le deuxième et entretenir l’espoir. Ce second but encaissé rapidement aussi nous a fait mal. Ensuite, la mi-temps est arrivée ce qui nous a permis de nous remobiliser pour faire une seconde période sans pression”.
En jouant plus relâchés, les visiteurs vont être récompensés en deuxième mi-temps grâce à ce but de la tête de Théo N’Dicka, lâché au marquage par Cafaro tandis que Thomas Foket avait préféré prendre l’axe. “Reims est tout simplement la meilleure défense des cinq grands championnats européens, donc même avec une équipe remaniée, le fait de leur avoir mis un but est à souligner. Malgré un manque de justesse technique, on a tout donné sur le terrain et on est sortis la tête haute”, affirme fièrement l’homme de 29 ans. Et l’actuel neuvième de National peut effectivement sortir la tête haute, car malgré la pression d’un match à élimination directe face à une équipe supérieure, Bourg-en-Bresse Péronnas a su garder ses principes de jeu. “Le plan était de jouer avec nos principes : produire du jeu, ressortir de derrière, ne pas paniquer. La préparation du match s’est faite de manière habituelle, nous connaissions leurs points forts et les points où il fallait essayer de les titiller”. Mission réussie.
Même sans la qualification, les visiteurs peuvent être fiers de leur performance et désormais se concentrer sur le championnat. Avec pour objectif une remontée immédiate qui leur permettrait de conserver leur statut professionnel…

 

Des remplaçants inspirés

Malgré peu de temps de jeu en Ligue 1, Dereck Kutesa a démontré des qualités intéressantes, inscrivant notamment le premier but. (© Stade de Reims)

Face à un adversaire hiérarchiquement inférieur, David Guion a pu effectuer quelques changements afin de donner du temps de jeu aux joueurs du groupe qui ne prétendent pas nécessairement à une place de titulaire. Le premier changement s’effectue au niveau des gardiens. Nicolas Lemaître, numéro deux cette saison, remplace Rajković. Pourtant, la saison dernière, c’est Mendy qui avait joué en Coupe de la Ligue face à Orléans, et non pas Johann Carrasso. Un premier choix plutôt intéressant donc. Du côté de la défense, seul Kamara remplace Konan, légèrement touché. Toujours pas de Dario Maresic à l’horizon, arrivé cet été contre 2,5 millions d’euros. Lui donner du temps de jeu aurait été important, car il est le suppléant du duo Disasi/Abdelhamid. Un duo qui aura beaucoup de mal à jouer l’intégralité des rencontres, tant leur poste est soumis à une éventuelle suspension, voire à un pépin physique dans la saison. S’il ne dispute aucune rencontre d’ici-là, son intégration dans cette équipe devra être express en cas de besoin…
Alaixys Romao étant suspendu, le zimbabwéen Marshall Munetsi évolue aux côtés de Chavalerin. Devant, les choix sont osés mais pas illogiques. Le trio Oudin/Dia/Cafaro, inamovible quand ils sont tous disponibles, est remplacé par trois joueurs en manque de temps de jeu : Dereck Kutesa, Hyun-jun Suk et Anastasios Donis. Moussa Doumbia, lui, évolue derrière l’attaquant de pointe. Et c’est ce nouveau trio qui marque le plus de points dans cette rencontre.
Premier buteur de ce match, Dereck Kutesa a eu 90 minutes pour nous montrer toute l’étendue de son talent. Une vitesse folle mêlée à de la puissance, de la percussion, une finition nette et précise : c’est le joueur qui a le plus impressionné malgré un passage à vide en début de seconde période. Même s’il est compliqué de lui faire une place dans ce onze de départ, le jeune suisse mérite certainement mieux que 129 minutes de jeu en Ligue 1. Ces prochaines apparitions seront donc à surveiller.
De l’autre côté, Donis c’est lui aussi montré très à l’aise. Il ne lui a manqué qu’un but pour réussir pleinement son match. Néanmoins, son association avec Foket sur le côté droit est plutôt intéressante. Grâce à sa vivacité et à sa percussion, il apporte ce que Rémi Oudin n’est pas capable de faire. De plus, grâce à sa polyvalence, il a une carte à jouer sur tout le front de l’attaque. Il n’hésite pas à tenter sa chance, que ce soit du pied droit ou gauche, ce qui en fait un danger permanent pour des défenses adverses. Quand il sera à 100%, ce qui n’est pas encore le cas, il doit être titulaire dans cette équipe.
Pour finir, le très critiqué Hyun-jun Suk débutait enfin un match officiel. Ce n’était plus arrivé depuis le 18 mai dernier face à Bordeaux, où il avait d’ailleurs inscrit le seul but du match. Lui non plus n’a pas marqué, malgré une grosse occasion en seconde période. Pourtant, la partie qu’il a livré a été très intéressante. Il est le seul de l’effectif à avoir cette capacité à dévier des ballons, les remiser, garder le ballon dos au but, etc… Et dans ce match, il l’a très bien fait. C’est même lui qui adresse une superbe passe décisive sur le premier but. Il serait intéressant de le revoir sur certains matchs de championnat. Avant des joueurs rapides autour de lui, il parviendrait très certainement à tirer son épingle du jeu face à des défenses solides physiquement et très regroupées. A revoir…
Mention spéciale à Xavier Chavalerin, une nouvelle fois au four et au moulin lors de ce match. Sa justesse technique et sa capacité à presser l’adversaire dans le bon tempo font de lui un élément incontournable dans ce groupe. Aussi, sa capacité à orienter le jeu et à jouer simple a permis de gommer le manque d’automatismes entre les joueurs titulaires, qui n’avaient pas forcément l’habitude de jouer ensemble. L’entraînement est une chose, la compétition officielle en est une autre. L’ancien du Red Star sera malheureusement absent pour le prochain match de championnat ce samedi, face à Angers.

 

La déception niçoise

Réduits à dix dès la demi-heure de jeu avant de prendre deux buts coup sur coup, les Rémois ne sont jamais parvenus à revenir dans ce match. (© OGC Nice)

Malgré les bonnes prestations des joueurs offensifs en milieu de semaine, David Guion renouvelle sa confiance aux onze joueurs qui font partie de sa traditionnelle composition… Un onze de départ classique qui allait d’ailleurs se retrouver rapidement en infériorité numérique. Peu avant la demi-heure de jeu, Moussa Doumbia écope logiquement d’un carton jaune. Pour montrer sa désapprobation à l’arbitre, l’international malien n’a rien trouvé de mieux que… de l’applaudir. Erreur. Le susceptible Jérémy Stinat n’hésite pas une seule seconde, et brandit dans le ciel de l’Allianz Riviera un carton rouge qui changera le court du match. Par deux fois, les Rémois cèdent devant les assauts niçois, pourtant bien timides jusqu’ici mais revigorés devant ce fait de jeu favorable. Menés deux buts à zéro à la pause et réduits à dix, les Champenois ne parviennent pas à inverser le court de la rencontre malgré de meilleures intentions (et des mouvements très intéressants) en seconde période.
Désormais privé de Doumbia et de Chavalerin pour le prochain match de championnat, David Guion devra effectuer des changements dans son équipe-type qu’il chérit tant. Munetsi devrait à nouveau prendre la place de Chavalerin, tandis que les prétendants ne manqueront pas pour remplacer Doumbia. Plutôt Donis ou Kutesa ? De même, la place des joueurs tels que Dia, Oudin ou Cafaro ne doit-elle pas être ponctuellement remise en question ? Ce collier d’immunité est-il réellement bénéfique pour le groupe ? Malgré sa bonne performance en Coupe, Dereck Kutesa n’a joué qu’un petit quart d’heure ce week-end, alors que les Rouge et Blanc étaient menés depuis la mi-temps. Pire encore, Suk n’est même pas rentré à Nice, le coach rémois préférant donner du temps de jeu au jeune Nkada ! La gestion de l’effectif sera très importante sur le long terme, et il serait préjudiciable de perdre des éléments en cours de route…

 

Victorieux en Coupe de la Ligue, le Stade de Reims brise la malédiction et passe le cap des seizièmes de finale, une première depuis 2013. Néanmoins, cette qualification a vite été oubliée après le non-match réalisé à Nice causé par ce fait de jeu. Désormais, les Rémois ont l’occasion de prendre les points à domicile en affrontant Angers, actuel deuxième d’un championnat immensément serré. En cas de victoire, les hommes de David Guion pourraient retrouver les premières places du classement. Quoiqu’il arrive, 21 points à la trêve hivernale serait idéal. La moitié du chemin serait fait, et la deuxième partie de saison pourrait être abordée sans pression…

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