Grégoire Amiot : “Gagner ma place dans l’équipe”

Cette saison, Grégoire Amiot a grandement contribué à la montée en CFA de l’équipe réserve. (© Stade de Reims)

 

Après avoir récemment signé un contrat professionnel, Grégoire Amiot m’a accordé une interview exclusive qui permettra, je l’espère, aux supporters de mieux le connaitre.

 

I. Son parcours

Bonjour Grégoire, tout d’abord je tenais à te remercier pour le temps que tu m’as consacré afin de réaliser cette interview.
Dans un premier temps, peux-tu te présenter brièvement, et nous présenter ton parcours ?

Je suis originaire des Herbiers, en Vendée (85), où j’ai commencé le foot très jeune. A 13 ans, je suis parti en DH, à Chollet, une ville un peu plus importante qui est à 20 min des Herbiers. Là-bas, j’ai pu vraiment commencer à progresser en jouant en U17 Nationaux.

J’ai ensuite intégré le Pôle Espoir de Saint-Sébastien, à côté de Nantes. Ça m’a permis de continuer ma progression et d’être repéré par plusieurs clubs, dont le Téfécé (Toulouse Football Club, ndlr) où j’ai signé. J’ai intégré le centre de formation à 15 ans avec à la clé un contrat aspirant. J’y ai passé 5 années, et cela m’a permis de faire les sélections de France U16, U17 et U18 et de goûter au monde pro en participant à 3 matchs amicaux avec l’équipe première, ainsi qu’aux stages de préparation.

En passant par l’Équipe de France U16/U17/U18, tu as certainement eu l’occasion d’évoluer avec des jeunes joueurs prometteurs. Certains coéquipiers t’ont-ils particulièrement marqué ?

Il y avait des joueurs très forts, tel que Martial. On a directement senti qu’il était au dessus, c’était un très bon joueur. Après, j’ai bien aimé Thomas Lemar. Hervin Ongenda, Wesley Saïd et Adrien Rabiot sont également de très bons joueurs, mais ceux qui m’ont le plus marqué sont Anthony Martial et Thomas Lemar.

Tu as subi une fracture de la cheville en janvier 2012 qui t’a considérablement freiné dans ta progression. Comment as-tu vécu cette période ?

J’ai mis 6 mois à récupérer, de janvier 2012 à juin 2012. C’était dur, mais ça m’a endurci et m’a permis de voir comment gérer une blessure. Ça fait parti du parcours. Après comme j’étais sur Toulouse, j’étais tout seul, mais ma famille était présente lors de l’opération, et ils sont venus plusieurs fois ensuite.

J’ai toujours été bien suivi, donc ça n’a pas été la période la plus difficile pour moi même si c’était une période un peu faste : j’étais capitaine en Équipe de France, titulaire après avoir été surclassé, donc c’était dur à encaisser. Mais c’était pas la période la plus dure parce qu’en fait, quand je suis revenu, on m’a tout de suite remis en selle et ça s’est bien passé.

Ensuite, la saison 2012-2013 s’est très bien passée, j’ai fait une bonne année en U19. Mais ça s’est compliqué en 2013-2014 puisque qu’après une reprise avec les pros, avec l’accumulation, je me suis blessé début septembre. J’ai raté les sélections U19 pour l’Euro, j’étais sélectionné mais j’ai pas pu y participer. C’était une année galère car j’ai eu une blessure aux ischios, et je suis revenu trop vite. Derrière, j’ai trainé une sale blessure mal soignée qui m’a handicapé. Après, tu doutes un peu plus sur le terrain, t’es pas à 100%, tu doutes mentalement. C’était vraiment une année difficile mais ça m’a permis de comprendre qu’il fallait s’accrocher, et ça m’a endurci même si elle m’a fait beaucoup de mal.

Et puis au niveau du club, vu que je me blessais souvent, je sentais que le vent était en train de tourner. Mais j’ai pas lâché le morceau, l’année d’après j’ai refait une saison pleine et complète en CFA2, avec tous les matchs entiers. Ça s’est très bien passé, mais on va dire que ma chance était un peu passée, le club ne me faisait plus tellement confiance. Ils me disaient qu’ils me faisaient confiance, mais j’ai jamais pu remonter dans l’équipe pro. Donc à l’issue de la saison dernière, Toulouse m’a proposé de rester 1 an en amateur en tant que capitaine de la CFA2 et de rester au contact du groupe pro, mais j’ai eu une belle proposition de Reims.

Tu es arrivé l’été dernier à Reims. Comment s’est déroulée ton intégration en Champagne ?

Elle s’est vraiment très bien passée. On était 5 jeunes (Siebatcheu, Ndom, Garel, Lemaitre et moi-même) avec les pros donc ça facilite l’intégration. C’était compliqué au début, car il a fallu s’adapter dans un nouveau club et trouver des repères pour rapidement se mettre dans le bain. Mais tout le monde m’a mis dans de bonnes conditions, et j’ai été très bien accueilli.

 

II. Sa saison précédente avec la CFA2

Vous avez terminé en tête de votre groupe de CFA2 la saison dernière, et donc avez été sacrés champions. Est-ce le meilleur souvenir de ta carrière ?

J’ai eu des très bons souvenirs en sélection, avec Toulouse on a aussi gagné les play-offs U19 donc c’était des bons souvenirs, mais c’est vrai qu’un titre c’est vraiment une belle chose. La saison est longue, c’est pas facile en CFA2, donc c’est un de mes meilleurs souvenirs. On a fait une super année avec une superbe équipe, avec des joueurs qui ont gagné le championnat U19, fait une finale de Gambardella. Je ne sais pas si les gens le savent, mais il y a vraiment des très bons joueurs en CFA2.

La fin de saison aurait pu être plus compliquée pour vous, puisque vous avez perdu votre entraineur David Guion, nommé à la tête de l’équipe première à 3 journées de la fin du championnat. Comment as-tu réagis à cette nomination ?

J’ai trouvé que c’était une bonne chose, parce que c’est quelqu’un qui connait très bien le club et c’est un très bon entraineur, il nous l’a montré tout au long de la saison. Il a déjà évolué au plus haut niveau avec Saint-Étienne, donc c’est quelqu’un qui est capable d’assumer ses responsabilités. C’était très difficile pour lui, avec une mission sur 3 matchs. C’est pas évident, il a fait ce qu’il a pu et a failli réussir son pari… En tout cas, je remercie David Guion pour m’avoir fait confiance en début d’année, pour venir me récupérer au club.

 

III. Le début de sa carrière professionnelle

Comment et quand ont eu lieu les premiers contacts avec le Stade de Reims ?

J’ai été contacté fin avril de l’année dernière. Quand j’ai connu la décision du centre de formation, Reims s’est positionné.

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes joueurs rêvent de devenir professionnel. Ça doit être une fierté pour toi j’imagine !

C’est une grosse fierté ! Il y a beaucoup de bons joueurs en réserve, donc ça valide mes bonnes performances et mon travail quotidien. Je pense à tous ceux qui ont évolué cette année en CFA2, on a vraiment une équipe complète et homogène, beaucoup d’entres eux méritaient aussi de signer.

Parmi eux, il y a notamment Rémi Oudin, qui a signé pro un peu plus tôt dans la saison…

Oui, Rémi Oudin est un super joueur qui a marqué beaucoup de buts cette année, c’est très bien pour lui. J’espère qu’il y en aura d’autres qui vont suivre !

Quels sont tes objectifs pour la saison à venir ? Le club t’en a-t-il fixé ?

Mon objectif personnel est de jouer le maximum de match en Ligue 2, et de gagner ma place dans l’équipe pour permettre d’atteindre l’objectif du club qui est, bien sûr, de remonter en Ligue 1.

Le 20 juin, tu participeras à la reprise de l’entrainement. Appréhendes-tu cette reprise avec le groupe pro ?

Non, du tout. Je suis en train de bien me préparer pour la reprise, et je suis content de pouvoir intégrer l’effectif. J’ai envie de tout donner cette année donc je n’appréhendes pas spécialement, au contraire.

 

IV. L’actualité du football

La formation française est souvent critiquée et comparée aux autres formations européennes. Personnellement, quel regard portes-tu sur celle-ci, après avoir notamment côtoyé les sélections nationales de jeunes ?

Je trouve qu’on a de très bonnes équipes de jeunes, avec de très bons joueurs. Il n’y a qu’à regarder l’équipe A : Martial va faire l’Euro, Rabiot est dans les réservistes, Coman n’est pas loin d’être titulaire, Laporte et Zouma sont blessés mais auraient pu y être. Les U17 ont gagné l’Euro l’année dernière, donc la formation se porte bien. Après, ça dépend des générations et ça tient à peu de choses : des joueurs pas encore sortis peuvent encore éclore, c’est assez aléatoire. Ça dépend comment on voit les choses, mais moi je trouve qu’elle se porte très bien et que la formation est sérieuse.

Pendant ta jeune carrière toulousaine, tu as pu évoluer avec Yann Bodiger, qui a condamné Reims en Ligue 2 grâce à un superbe coup-franc face à Angers. As-tu eu des contacts récents avec lui ?

Yann, c’est comme mon frère. J’ai grandi avec lui, depuis que j’ai 15 ans je suis tous les jours avec lui, on part en vacances ensemble, on est presque tout le temps ensemble et on s’appelle très souvent. Mais c’est vrai que sur ce coup-là il n’a pas été très cool (rires), il a marqué le but du maintien. Après je suis content pour lui, uniquement pour lui, parce qu’il le mérite. Il a beaucoup travaillé, il a beaucoup galéré. C’est dur pour le Stade de Reims qui fait un super match contre Lyon et qui descend du coup, mais ils (les Toulousains) auront réussi un sacré parcours de maintien. Et que ce soit lui qui marque le but c’est tout un symbole, parce que c’est un joueur qui a été formé au club. Personnellement, je l’ai félicité pour son but.

Avez-vous parlé de la méthode Dupraz ? Au vu des nombreux reportages qui lui ont été consacré ces dernières semaines, est-ce un entraineur que tu aurais aimé avoir ?

Personnellement, je n’ai même pas réfléchi à cette question, mais j’échange un peu avec lui (Yann Bodiger) et ça a l’air d’être un entraineur qui sait ce qu’il veut. Il a réussi à insuffler sa méthode, et ça a marché. Je n’ai pas forcément d’avis personnel sur lui parce que je ne le connais pas, mais il est arrivé et a réussi sa mission, donc il faut croire que sa méthode marche.

Il y a quelques semaines, Grégoire Amiot était présent sur FIFA 16. D’ailleurs, je t’avais mis titulaire lors d’un match contre le PSG et tu avais marqué le but vainqueur en prenant le dessus sur Stambouli de la tête. Ça doit être étonnant de se voir dans un jeu vidéo, non ?

C’est vrai que quand tu es depuis tout petit, tu rêves d’être sur FIFA. Forcément, je me suis fait un peu chambrer quand j’étais dessus mais c’est vrai que je ne joue pas spécialement avec mon personnage, je ne suis pas assez bon (rires). Mais sinon, c’est vrai que c’est drôle, et c’est quand même sympa.

Pour finir, souhaites-tu adresser un message aux supporters rémois qui te liront ?

Merci du soutien, et merci à tous les lecteurs de ton blog. Maintenant, on va essayer de tout faire pour remonter le club en Ligue 1 parce que c’est un club qui mérite la Ligue 1, tout simplement.

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