La fin d’un beau parcours en coupe

20 437 spectateurs ont assisté à ce match de gala, soit la plus grosse affluence de cette saison. (© Stade de Reims)

 

Ce mercredi soir, le Stade de Reims avait rendez-vous avec son histoire. Après un premier rendez-vous manqué à ce stade de la compétition en 2007 face à Bordeaux (défaite 2-1, ndlr), les Rémois avaient la ferme intention d’aller jouer une finale au Stade de France, l’un des rêves du président Jean-Pierre Caillot. Malheureusement, face à des Parisiens sérieux et désireux de reconquérir cette Coupe de la Ligue, les Rouge et Blanc n’ont pas réussi à exister dans cette rencontre. Ils quittent donc la compétition avec, d’un côté, la fierté d’avoir réalisé un bon parcours, mais de l’autre, le regret de ne pas avoir pu inquiéter plus les Parisiens dans cette demi-finale…

 

Un manque d’ambition

Peu de changements étaient annoncés par Guion, pour au final employer une étonnante tactique. (© Stade de Reims)

Avant cet événement dans l’ère nouvelle du club, David Guion avait assuré en conférence de presse d’avant-match qu’il n’y aurait pas de révolution dans son approche tactique. Et pourtant, un changement majeur a déjà été au niveau du système de jeu. Habituellement organisée en 4/2/3/1 avec un joueur offensif en soutien de l’attaquant de pointe (régulièrement Dingomé, plus rarement le néo-bordelais Oudin), cette équipe rémoise évoluera en 4/1/4/1 avec l’entrée de Munetsi aux côtés de Xavier Chavalerin, un duo positionné devant l’inamovible Romao. Le but est de mettre en place un bloc compact en ajoutant de la densité physique, peut-être l’un des seuls points faibles du PSG. Cette envie de bétonner se retrouve aussi sur les ailes, puisque Hassane Kamara occupe le temps d’un soir le poste de milieu droit (!), alors que Doumbia retrouve l’aile gauche. A priori, la tactique mise en place est on ne peut plus défensive.

Et les premières minutes le prouvent : Paris campe dans le camp des locaux, qui plient mais ne rompent pas ! Du moins, durant les neuf premières minutes… Après avoir obtenu trois corners, le quatrième fait mouche. Et ce n’est que le début d’une longue série de coups de pieds arrêtés, qui feront vivre à tout le peuple rémois un véritable cauchemar. Mais au-delà des coups de pied arrêtés, c’est surtout la manière d’aborder ce match qui peut poser questions. Dès le coup d’envoi, tout le bloc rémois s’est positionné dans son camp, en laissant la possession aux Parisiens. Qui a déjà résisté au champion de France en défendant pendant 90 minutes ? Pas grand monde. Et Paris a pleinement profité du positionnement du bloc rémois. Nous pourrions même aller jusqu’à dire que ce sont les visiteurs qui ont naturellement positionné ce bloc, tant leur intensif pressing dès le début du match a obligé les locaux à reculer. Même sur les relances de Rajković, Kylian Mbappé et Pablo Sarabia restent aux 18 mètres pour empêcher une relance courte du gardien, comme cela est souvent le cas. Donc dès la remise en jeu, le ballon retourne dans le camp adverse vers des défenseurs qui s’imposent facilement au duel.

Et même en baissant le pied à 2-0, les Parisiens n’ont pas laissé grand chose aux Rémois… Malgré une bonne tentative de Doumbia, puis une frappe de Boulaye Dia bien anticipée par Navas, Reims laisse passer sa chance avant que Paris ne plie définitivement ce match. Une chance que les Rémois ne sont, finalement, jamais allés provoquer.

 

Des coups de pieds arrêtés décisifs

En difficulté dans cet exercice, les Parisiens ont pourtant inscrit tous leurs buts sur des phases arrêtés. (© PSG)

183. C’est le nombre de corners obtenus par les Parisiens cette saison, toutes compétitions confondues. Parmi eux, un seul s’est transformé en but ! C’était à Toulouse, en août dernier, et déjà sur une tête de Marquinhos. D’ailleurs, le PSG commençait presque à s’inquiéter de ne pas concrétiser ces phases arrêtées, à tel point que Thomas Tuchel avait évoqué cette statistique en conférence cette semaine.

Mais rapidement, sur une mauvaise sortie de Predrag Rajković, Marquinhos dépasse Munetsi dans les airs pour ouvrir le score, et déjà jeter un froid dans un Delaune rempli (de fidèles supporters, bien sûr) pour l’occasion. La suite est tout aussi noire… Sur une relance anodine, Yunis Abdelhamid tente de prendre Mbappé de vitesse, sans succès. Pire encore, l’international marocain commet une faute le long de la ligne de touche. Alors à la demi-heure de jeu, lorsque Neymar se charge de botter malicieusement ce coup-franc en direction du but, c’est Alaixys Romao qui effleure le ballon, qui vient mourir dans le but au second poteau… Le haut niveau se joue sur des détails. Cette relance en était un, mais la sanction est lourde de conséquence.

Sur un nouveau corner en seconde période, la combinaison entre le centre fouetté Neymar et la reprise de volée signée Paredes aurait pu être parfaite, mais le gardien rémois détourne le ballon sur son poteau gauche. Le jeune Tanguy Kouassi a suivi, et inscrit son premier but en professionnel, le 4000ème du club de la capitale. Reims peut bien évidemment regretter d’avoir concédé trois buts sur des phases arrêtés, mais il faut bien admettre que cet exercice est compliqué pour eux en 2020. Un corner concédé à la dernière minute en Coupe de France à Monaco, un nouveau corner et un coup-franc direct encaissés à Nîmes, un pénalty à Amiens et trois nouveaux buts face au PSG… Pour faire simple, les sept derniers buts encaissés par les Rémois ont été encaissés sur des phases arrêtées ! Un problème qu’il faudra rapidement résoudre pour rester parmi les meilleurs défenses du championnat, et redevenir sereins sur ces phases.

 

Et maintenant ?

Éliminés des deux coupes nationales, les Rémois n’ont plus que le championnat à jouer désormais. (© Stade de Reims)

Huitième au classement avec 29 points, le Stade de Reims devrait se maintenir aisément dans cette Ligue 1. S’il faudra certainement une petite quarantaine de points pour rester en Ligue 1, les Rémois n’auraient besoin que de 3 victoires sur cette phase retour. Si l’objectif est initialement d’obtenir une place dans le top 10 et d’au moins faire aussi bien que la saison passée, les hommes de David Guion pourraient, avec un peu d’ambition, essayer de se rapprocher des places européennes. En effet, le PSG étant encore en course pour remporter les deux coupes nationales, la sixième place pourrait, cette année, être qualificative pour une place en Coupe d’Europe, et plus précisément pour un deuxième tour qualificatif d’Europa League. Le cinquième serait de son côté directement qualifié pour les phases de groupes.

 

Grâce à son parcours en Coupe de la Ligue, le Stade de Reims va toucher 1 294 000€ de la part de la Ligue, c’est-à-dire sans compter toutes les recettes générées par la billeterie, etc… Une somme intéressante pour le club, surtout en cette période de mercato. Oudin parti, Hassane Kamara pourrait bien faire ses valises pour l’Angleterre cet hiver, et pour le moment il n’y a pas la moindre recrue à l’horizon, et ce malgré les appels du pied de Guion pour obtenir un renfort offensif. Quoiqu’il en soit, les Rouge et Blanc fouleront de nouveau la pelouse de Delaune ce samedi soir, en accueillant Metz. Ce match pourrait bien nous en apprendre un peu plus sur l’ambition rémoise pour cette deuxième partie de saison. Viser le top 10, ou vivoter péniblement jusqu’en mai ? Réponse dès ce soir.

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