Le bilan de la saison : Michel der Zakarian (1/3)

Le passage de Michel Der Zakarian au Stade de Reims ne restera pas dans les mémoires… (© Stade de Reims)

 

A l’issue d’une saison ratée où l’objectif fixé en début de saison n’aura pas été atteint, le Stade de Reims doit désormais tirer des enseignements de cet échec. Lors de cette intersaison, trois axes principaux seront développés pour faire le bilan de cet exercice 2016/2017 : la part de responsabilité de Michel Der Zakarian, le bilan individuel des joueurs qui ont porté le maillot rémois cette saison, puis nous nous tournerons vers l’avenir et sur cette nouvelle saison qui démarrera dès le 28 juillet.

Aujourd’hui, nous commençons ce bilan en se focalisant sur la responsabilité de l’entraineur dans cet échec cuisant, qui l’a d’ailleurs poussé à quitter ses fonctions en ce début de semaine.

 

Dès son arrivée au club, la mission de Michel Der Zakarian est claire : en s’engageant sur 2 ans au club (+ 1 an en option), il dispose de 2 saisons pour faire reconnaitre au club les joies d’une montée dans l’élite du football français.
Un an plus tard, le constat est sans appel. La première partie de la mission a échoué. D’ailleurs, la mission suivante n’aura jamais lieu. L’ancien coach nantais quitte le navire pour rejoindre Montpellier… Alors au final, que devons-nous retenir de son passage express dans la cité des sacres ?

Dans un premier temps, il est indispensable de revenir sur le jeu et la tactique proposée au cours de cette saison. Nous le savions dès son arrivée, “MDZ” ne venait pas pour faire le spectacle à Delaune. Ce qui l’intéresse, ce sont les résultats. D’ailleurs, c’était déjà sa philosophie à Nantes.
Pour obtenir des résultats dès le début de saison, le néo-rémois mise sur la solidité défensive d’un groupe qui avait encaissé entre 57 et 66 buts sur ses deux dernières saisons de Ligue 1. A première vue, le chantier est énorme. Mais loin d’être insurmontable pour le franco-arménien.
A compter de ses premières séances d’entrainement, il travaille énormément l’animation défensive avec ses joueurs. Anthony Weber me le confiait sans langue de bois lorsque je l’ai rencontré (son interview est à retrouver ici) : il les “a bassiné sur l’aspect défensif”. Le but ? Avoir un bloc plus resserré et plus compact pour laisser moins d’espace, moins de distance entre les joueurs. Ainsi, les ballons sont récupérés plus facilement, et surtout les efforts sont réduits. Jusqu’à la trêve, cette tactique semble payer puisque le Stade de Reims est dauphin d’un leader brestois qui ne compte que deux points d’avance. Néanmoins les victoires sont courtes, parfois même à l’arrachée grâce aux coups de pied arrêtés, et les premiers signaux de faiblesse se font sentir.

Le premier élément est une fébrilité mentale qui pénalise grandement l’équipe. Pourtant, un coach comme Der Zakarian est réputé pour inculquer un état d’esprit combatif fait de courage, de travail et d’abnégation à son équipe. Or, les joueurs semblent lâcher régulièrement en fin de match. En effet, sur la phase aller, les Rémois ont été rejoints 8 fois (en comptant le match de Coupe de la Ligue face au Havre, ndlr) au score après avoir mené. Et parfois même dans des circonstances incroyables, à l’image de ce match aller à Orléans. Au final, ce sont 11 points (!!) concédés lors de cette première partie de saison à cause de ces buts encaissés !
Le second élément est un réel manque d’identité de jeu. Offensivement, l’animation semble avoir été négligée. En fait, il est surtout très compliqué de définir le style de jeu des Champenois. Parfois même, en repensant aux matchs contre Bourg-en-Bresse, le Red Star, Strasbourg ou encore Clermont, il n’est illogique de se demander comment les Rouge et Blanc ont réussi à ramener les 3 points… Mais finalement, quand l’équipe gagne, il est compliqué d’émettre des critiques. A contrario lorsque l’équipe perd, qui plus est sans fond de jeu, l’entraineur est grandement remis en cause. Et à juste titre. C’est exactement ce qu’il se passe à partir du mois de janvier.
Au fil de la saison, le jeu rémois devient de plus en plus stéréotypé, et ainsi de plus en plus facile à contrer pour les adversaires. Le schéma de jeu est développé en 2 axes principaux : des longs ballons adressés par les défenseurs centraux (Jeanvier ou Weber) vers les attaquants de pointe (souvent Kyei ou Chavarría), ou des dédoublements possibles grâce notamment à l’activité du duo Métanire/Traoré côté droit. Mais côté gauche, Samuel Bouhours peine à apporter offensivement. A tel point qu’une solution de bricolage doit être réalisée, en comptant sur la polyvalence d’Hamari Traoré. Pourtant, la solution pourrait (ou devrait ?) s’appeler Atila Turan. Mais Michel Der Zakarian en a décidé autrement…

Effectivement, évoquer la gestion du groupe est primordial. Toute la saison, celle-ci semble avoir été compliquée. Elle n’a pas été compliquée lorsqu’on parlait du groupe “au sens large”, puisque l’entraineur principal semblait être apprécié par la grande majorité des joueurs. Elle a été compliquée lorsqu’il s’agissait du cas par cas. Turan, Kankava, Baldé, Charbonnier… Tous ont connu des mésaventures avec leur coach.
Le premier nommé s’est “exclu lui-même”, dixit Der Zakarian. En même temps, il faut remettre les choses dans leur contexte (sans pour autant chercher des excuses au joueur) : Romain Métanire effectue son premier entrainement au Stade de Reims le jeudi 19 janvier. Un entrainement convaincant qui pousse le coach rémois à le titulariser dès le lendemain face à Valenciennes… au profit d’Atila Turan, qui avait jusqu’ici disputé 15 matchs de championnat. Il a donc refusé d’être remplaçant. Un choix pas forcément excusable, mais compréhensible si nous nous mettons ne serait-ce que 30 secondes à la place du joueur. La situation s’est d’ailleurs reproduite quelques mois plus tard avec Jaba Kankava.
Pièce maitresse depuis son grand retour dans l’entrejeu rémois (au stade Bollaert contre Lens, le 22 octobre 2016, ndlr), il ne manque que 3 matchs avant sa mise à l’écart du groupe, suite à la mémorable défaite à Laval. La raison invoquée ? Un changement de tactique. Michel Der Zakarian estime que son idée de développer plus de jeu depuis 2017 ne porte pas ses fruits au niveau comptable, et souhaite revenir au schéma de début de saison au cours duquel l’équipe ramenait des points même dans la difficulté. Ce changement de stratégie engendre donc un retour du duo Da Cruz/Rodriguez. Lors de la mise en place d’avant-match, le géorgien n’encaisse pas cette nouvelle. Lui aussi ne souhaite pas être remplaçant, et s’écarte du groupe.
Pour Baldé et Charbonnier, leur non-convocation (ou convocation) a toujours été un choix de l’entraineur. En fin d’année, je commençais à penser que la gestion de Baldé était très intéressante. Auteur d’un match indigne face à Laval mi-novembre, il avait été écarté durant 3 matchs, avant d’être réintégré contre Troyes… match au cours duquel il inscrit un but et délivre une passe décisive (sans compter le poteau touché au quart d’heure de jeu). Mais finalement, il n’a jamais eu un rendement constant sur la saison. Pour Gaëtan Charbonnier, il a été écarté après un pénalty manqué à Bourg-en-Bresse. Un pénalty pas frappé avec assez de conviction selon son entraineur. Heureusement que chaque tireur ayant manqué un pénalty n’a pas été écarté… Sinon, il aurait manqué beaucoup de joueurs à la 38ème journée !

Vous en profiterez peut-être pour me dire que, de toute façon, il a manqué beaucoup de joueurs tout au long de la saison. Il est vrai qu’entre les blessures pour certains et les choix pour d’autres, le groupe a souvent été remanié. Malgré tout, il y a eu un réel manque de stabilité même lorsque l’occasion d’installer un système sur la durée se présentait, notamment pour les 11 dernières journées de championnat après la blessure de Gaëtan Charbonnier. En repensant à la fameuse saison 2011/2012, cet équilibre était présent lors de 35 matchs sur 38 avec l’axe Agassa/Weber/Tacalfred/Ca/Fauré/Ghilas. Cette saison, Michel Der Zakarian n’a pas réussi à installer cette stabilité qui aurait pu mettre les joueurs en confiance grâce à l’enchaînement des matchs. Au final, il n’a pas aligné 2 fois de suite le même onze de départ ! Un élément bien trop préjudiciable sur la durée…

 

Après un an passé au sein de l’Institution, “MDZ” a donc décidé de quitter prématurément son poste, d’un accord commun avec le club. En interne, il estime avoir eu un groupe moins qualitatif que ce qu’il avait imaginé, et que ce qui lui avait été présenté. Simple excuse ? Quoiqu’il en soit, l’objectif fixé n’a pas été atteint.

Néanmoins, l’entraineur rémois est loin d’être le seul responsable de cet échec. En s’appuyant sur certaines statistiques, on dit que la part de responsabilité d’un coach dans un résultat est de 20% en moyenne. Cela voudrait donc dire que les joueurs détiennent 80% de part de cette saison ratée !
Prochainement, j’aurai l’occasion de revenir sur les performances individuelles de chaque joueurs au cours de cette saison.  Si certains n’ont pas été au niveau, d’autres n’ont même pas eu la chance de montrer ce qu’ils étaient capables d’apporter à l’équipe sur le terrain… A suivre.

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