15 jours mouvementés au Stade de Reims

Quatre points sur neuf et deux nouveaux blessés : mauvaise passe pour David Guion. (© Stade de Reims)

 

Jusqu’ici, tout était calme au Stade de Reims : l’arrivée du jeune Touré pour renforcer la Pro 2 était passée quasiment inaperçue, alors que le départ de Rémi Oudin en Gironde début janvier semblait finalement inéluctable après l’échec de son transfert estival à la Fiorentina. Néanmoins, le club champenois était activement à la recherche d’un profil offensif avant la clôture mercato hivernal. Il a fallu attendre la toute dernière journée pour que les pistes ciblées par les dirigeants se décantent enfin… S’en est suivi trois matchs en une semaine, pour finalement passer par toutes les émotions possibles en à peine quinze jours ! Retour sur ces folles dernières semaines chez les Rouge et Blanc.

 

Vendredi 31 janvier

Le buteur tant attendu est là : Kaj Sierhuis s’est engagé jusqu’en 2024 avec le club. (© Stade de Reims)

Depuis le début du mercato, David Guion n’a cessé de réclamer un renfort offensif. Pourtant, le technicien dispose d’à-peu-près tous les profils pour la pointe de son attaque : Dia, Donis, Suk ou encore Nkada font partie de ces prétendants. Après plusieurs tentatives (Tetteh, Mounié, Cordoba, entre autres), le club a fini par jeter son dévolu sur un jeune attaquant néerlandais nommé Kaj Sierhuis. Cependant, sa situation était loin d’être idéale… Prêté par l’Ajax Amsterdam depuis plus d’un an à Groningen, son club actuel ne souhaitait pas le laisser partir sans avoir une piste pour le remplacer. Cela a considérablement compliqué la tâche du club rémois dans ces négociations, qui ont traîné jusqu’à jeudi après-midi. Après la traditionnelle visite médiale effectuée le lendemain, Sierhuis a paraphé un contrat de 4 ans et demi en faveur du club champenois.

Entre temps, un jeune joueur a également rejoint le club… avant de repartir dans la foulée. En effet, le défenseur international espoir belge Wout Faes s’est lui-aussi engagé avec le club jusqu’en juin 2024. Âgé de 21 ans, il terminera la saison avec le KV Ostende avant de rejoindre son nouveau club dès cet été. Comme l’a expliqué Mathieu Lacour, il s’agit d’une “anticipation”. Anticipation au probable départ de Disasi cet été ?

En attendant l’officialisation de l’arrivée de Sierhuis, c’est un autre attaquant rémois qui a agité cette dernière soirée du mercato. Arrivé à l’été 2018 contre une indemnité de transfert de 3 millions d’euros environ, Hyun-jun Suk n’a jamais brillé sous le maillot rémois. Titulaire à une seule reprise cette saison, le sud-coréen était dans une position délicate où il entrait à peine dans une rotation, au sein de laquelle Nkada lui était même préféré. Et pourtant, un départ n’a jamais été réellement envisagé avant ces derniers jours. Mais lorsque Troyes, son ancien club, est venu aux renseignements, les dirigeants n’ont sûrement pas cherché à mener de grandes négociations. L’attaquant a été libéré, ce qui a permis aux Troyens de le récupérer gratuitement. Pour Reims, l’opération financière sur le transfert n’est pas bonne, certes. Cependant, son départ permet d’économiser son important salaire (autour de 70 000€/mois, ndlr), puisqu’il restait encore deux ans et demi de contrat au sud-coréen. D’ailleurs, ce dernier a déjà rejoué avec son ancien club et a même inscrit un but face à Châteauroux la semaine passée. Joueur exemplaire à Reims, nous lui souhaitons de réussir dans son nouveau projet !

Terminons sur l’information insolite de ce mercato : le Stade de Reims aurait tenté d’attirer le buteur mexicain Javier Hernández, plus communément appelé “Chicharito”. Passé par le Real Madrid ou encore Manchester United, le célèbre super-sub était à la recherche d’un dernier challenge en Europe. N’ayant pas trouvé chaussure à son pied, il s’est alors envolé par la MLS, vers LA Galaxy. Il y touchera plus de 500 000€ mensuel. A ce prix-là, difficile de croire que le Stade de Reims ait pu avoir un réel intérêt pour le joueur. Mais bon, après tout, c’est comme si vous vouliez inviter Miss Monde aux Crayères… Vous pouvez toujours aller voir son profil Instagram, ou même lui envoyer un message ! Pourtant, elle est encore loin d’être assise en face de vous.

 

Samedi 1er février

Quatre buts inscrits pour une surprenante victoire à Angers ! (© AFP)

Dans la lignée du match perdu face à Metz la semaine d’avant, David Guion teste une nouvelle fois son animation offensive face aux Angevins en donnant sa chance à certains joueurs peu vus pour le moment. Ainsi, Moreto Cassamá est titulaire au milieu du terrain pour la première fois de la saison. Devant, l’inamovible Doumbia est accompagné de Mbuku et du jeune El Bilal Touré. Arrivé tout droit du Mali quelques semaines plus tôt pour faire ses armes avec la Pro 2, l’international U20 a déjà sa chance avec l’effectif professionnel en profitant de la méforme de Donis et du retour de blessure de Boulaye Dia.

Et il n’y a pas de round d’observation dans ce match. Sur la première incursion angevine, Fulgini décide de repiquer dans l’axe. Sa frappe contrée par Thomas Foket passe entre la charnière Disasi et Abdelhamid, avant qu’Alioui n’ajuste Predrag Rajković de près. La rapide ouverture du score pétrifie les Rémois, qui mettent une demi-heure pour commencer à sortir la tête de l’eau. Et c’est un fait de jeu qui va remettre les hommes de David Guion dans le match. Sur un long ballon de Foket vers la surface, le cuir rebondit sur Romain Thomas avant d’arriver devant Touré. L’attaquant ne se pose pas de question et envoie un missile en direction du but. Un missile contré de la main par un angevin, alors qu’il prenait la direction du but. Quand Yunis Abdelhamid s’apprête à s’emparer du ballon, le jeune malien Touré décide de tenter de transformer le pénalty qu’il a lui-même obtenu. À 18 ans et 4 mois, et après quelques jongles effectués en toute décontraction pendant la vérification du VAR, El Bilal Touré marque pour sa première apparition en Ligue 1 et devient le plus jeune buteur du club en première division depuis 50 ans.

Les débats restent équilibrés jusqu’à l’heure de jeu, et il faut attendre une nouvelle phase arrêtée pour voir les Rémois prendre l’avantage dans ce match. Sur un corner frappé par Cassamá, Yunis Abdelhamid s’élève plus haut que tout le monde pour placer un coup de tête qui donne l’avantage aux siens. Quelques minutes plus tard, l’ex-milieu de terrain du FC Porto botte un long coup-franc axial, prolongé par Santamaria dans son propre but. Alors que le break est fait, Boulaye Dia, entré peu avant l’heure de jeu, profite dès l’engagement des largesses défensives angevines pour se jouer de Traoré, avant d’ajuster Ludovic Butelle au premier poteau. 4-1, le score ne changera plus et les Rémois signent leur huitième succès cette saison, un succès que Moreto Cassamá aura éclaboussé de son talent. Précieux (et décisif) sur les coups de pied arrêtés, important à la récupération et impressionnant de justesse à la relance, le jeune milieu de terrain a incontestablement marqué des points. Néanmoins, une telle organisation pousse le duo Chavalerin/Romao à évoluer un cran plus haut. A cette position, le second nommé peine à exprimer ses qualités offensives et à amener un vrai plus dans les coups offensifs. Le casse-tête ne fait que commencer pour David Guion !

 

Mardi 4 février

Abdelhamid restera en Rouge et Blanc pour deux saisons supplémentaires. (© Stade de Reims)

Trois jours après son important but à Angers, Yunis Abdelhamid a été au cœur de toutes les attentions. N’ayant toujours pas prolongé son contrat qui arrivait à expiration en juin, l’international marocain a longtemps été annoncé sur le départ, et ce, dès cet été. Alors que tout le monde pensait que le vice-capitaine rémois disputait sa dernière saison en Champagne, le club a annoncé contre toute attente sa prolongation pour les deux prochaines années, soit jusqu’en juin 2022. Maillon essentiel de cet effectif, il conservera sa place en défense centrale la saison prochaine. Reste à voir avec qui il sera associé… Axel Disasi n’a, lui, toujours pas prolongé son contrat. De son côté, le club a déjà avancé sur ce dossier en recrutant Maresic l’été dernier, puis Wout Faes cet hiver. D’ailleurs, le directeur général du club Mathieu Lacour a récemment expliqué sur l’antenne de France Bleu que l’arrivée du jeune défenseur belge était liée à la prolongation d’Abdelhamid, sur qui il comptait pour l’épauler dans son apprentissage du haut niveau et la découverte d’un nouveau championnat pour lui.

 

Mercredi 5 février

10 minutes prometteuses avant de sortir sur blessure… Sale (première) soirée pour Sierhuis. (© Stade de Reims)

Quatre jours après leur succès inattendu en terres angevines, les Rémois ont l’occasion de confirmer leur performance du week-end à domicile, face à l’OGC Nice. Naturellement, l’attraction de ce match se nomme Kaj Sierhuis. A peine arrivé, David Guion décide de titulariser le buteur qu’il attendait tant. Il est épaulé par Tristan Dingomé, avec le duo d’ailiers Dia/Cafaro. Le second retrouve la compétition après un mois d’absence. Les premiers ballons touchés par Sierhuis apportent cette éclaircie dans le ciel obscure peint par les derniers numéros “9” du Stade de Reims. Quelques remises bien senties, un caviar à Boulaye Dia non converti et un contrôle en porte-manteau dans la surface qui tourne mal… Après seulement 10 minutes de jeu, l’espoir néerlandais doit déjà céder sa place. Il sera absent pour jusqu’à mi-mars.

Reims continue de pousser dans ce début de match. Dix minutes plus tard, sur un corner niçois dégagé par la défense, Mathieu Cafaro part en contre. Sur son accélération, sa cuisse le lâche une nouvelle fois… Il sort lui aussi sur blessure, pour un début de match cauchemardesque côté rémois. L’ailier rémois ne retrouvera les terrains qu’au début du mois d’avril.

Alors que les débats sont plutôt équilibrés, ce sont pourtant les Niçois qui prennent l’avantage dès le retour des vestiaires. Sur un centre anodin, Axel Disasi laisse complètement seul Lees-Melou qui ajuste le portier rémois de près. La réaction rémoise intervient dans le dernier quart d’heure par Yunis Abdelhamid, qui reprend un corner de la tête pour inscrire son troisième but de la saison, son deuxième cette semaine. A l’issue d’un match vivant où les gardiens ont brillé, les deux équipes se quittent logiquement dos-à-dos. Une nouvelle fois, Moreto Cassamá s’est montré indispensable au milieu du terrain. En évoluant cette fois-ci aux côtés de Chavalerin, il a occupé une place de sentinelle qui lui a permis d’assurer une première relance excellente tout en grattant quelques ballons. Une performance solide, pour un joueur qui commence à s’imposer dans ce onze de départ.

 

Dimanche 9 février

La Meinau ne réussit décidément pas aux Rémois en Ligue 1… (© RCSA)

Sévèrement défait l’année passée à la Meinau (4-0, ndlr), Reims retournait en Alsace avec l’objectif de poursuivre sa série débutée il y a une semaine à Angers. Privé de Rajković, laissé au repos des suites d’un cambriolage à son domicile la veille, David Guion reconduit quasiment la même composition de départ qu’à Angers, sauf pour le côté droit composé du duo Dia/Kamara.

A l’issue d’une première mi-temps où la plupart des occasions ont été en faveur des locaux, le score demeure toujours nul et vierge. Seulement, il n’a fallu que cinq petites minutes aux Strasbourgeois pour concrétiser leur première occasion obtenue en seconde mi-temps… La suite du match est dominée par les Bleu et Blanc, sans que les Rouge ne puissent finalement exister dans ce match. Le break fait en toute fin de match permet même à Strasbourg de vivre une fin de match sereine, avant d’ajouter la cerise sur le gâteau en inscrivant un penalty en toute fin de rencontre. Une rencontre au cours de laquelle il n’y a finalement pas grand chose à retenir, tant les Champenois ont paru inoffensifs. Zéro tir cadré dans ce match : tout un symbole.

 
En accueillant Rennes ce dimanche, le Stade de Reims a l’opportunité de se racheter devant son public. D’ailleurs, ce choc est d’une importance capitale pour les deux équipes : les visiteurs souhaitent rester sur le podium, alors que les Rémois comptent bien s’installer durablement dans ce top 10. Pour cela, ils devront particulièrement bien négocier les trois matchs qu’ils doivent disputer avant fin février, à savoir la réception de Rennes avant deux déplacements consécutifs, à Saint-Etienne puis Monaco. Et dans cette Ligue 1 si serrée et indécise, tout peut aller très vite…

Une réflexion sur “15 jours mouvementés au Stade de Reims

  1. Quelques soit l’issue de Reims Rennes ,la suite du championnat ne va pas être simple avec 2 déplacements consécutifs à St Étienne et Monaco…….que dire des résultats actuels?bien sûr il y a des blessures,mais cela n’explique pas tout….le club est toujours muet en attaque et la défense, qui a souvent le poids du match sur les épaules commence à donner des signes de lassitude. J’ose espérer que le Stade ne va pas s’enfoncer trop vite,la différence de points entre le 10e et le 17e etant tres faible

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