Le journal de l’Euro : dernière édition

Dominer n’est pas gagner… (© Reuters)

 

Une semaine après la terrible déception suite à cette finale perdue face au Portugal, il est tant d’analyser à froid le parcours français dans cet Euro 2016. Car, si la finale a été atteinte, ce parcours n’a pas été simple pour arriver jusqu’à cet ultime match.

 

Lors du match d’ouverture, face à la Roumanie, l’Euro des français aurait pu commencer d’une manière.. cauchemardesque. En effet, après seulement 3 minutes de jeu, Hugo Lloris sort un arrêt exceptionnel suite à un corner roumain mal dégagé par la défense tricolore. Il faut finalement compter sur un Dimitri Payet des grands soirs, auteur d’une passe décisive pour Olivier Giroud et d’un but somptueux dans les dernières minutes du match, pour s’imposer 2 buts à 1. Dans la douleur.

Le match suivant, face à l’Albanie, est une nouvelle fois très compliqué. En se privant d’Antoine Griezmann et de Paul Pogba, tous les deux sur le banc, Didier Deschamps envoie un signal fort à son groupe : aucun joueur n’est assuré d’avoir une place de titulaire dans son onze de départ. Coaching gagnant pour le sélectionneur français, puisqu’en faisant entrer Griezmann en seconde période, l’attaquant madrilène délivre tout le peuple français à la dernière minute du match en inscrivant un but superbe de la tête, avant que Payet ne vienne aggraver le score dans les arrêts de jeu et valider la seconde victoire française.

Assurés d’être qualifiés pour les huitièmes de finale, les Français abordent ce match avec moins de pression, même s’ils doivent impérativement valider leur première place afin d’éviter une importante nation au tour suivant. Avec une équipe remaniée, et un système revu par Deschamps, les Bleus obtiennent le strict minimum : un match nul 0-0, qui leur permet de terminer devant les Suisses au classement.

Sortie troisième de son groupe derrière l’Italie et la Belgique, l’Irlande est donc l’adversaire de la France pour ce huitième de finale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce match débute sur les chapeaux de roues : à peine 1 minute de jeu, et Pogba provoque involontairement un pénalty, transformé par Brady dans la foulée. Dominés, les Irlandais sont bien en place défensivement, et rentrent au vestiaire avec ce court avantage. Du côté français, Deschamps effectue quelques ajustements tactiques, en plaçant notamment Griezmann derrière Olivier Giroud. Coaching gagnant, une nouvelle fois. En 5 minutes, le Mâconnais inscrit un doublé qui permet à la France de se qualifier pour les quarts de finale, où ils affronteront les Islandais.

Qualifiée pour la première fois dans un Euro, l’Islande ne pensait certainement pas atteindre ce niveau de la compétition. Deuxième de son groupe derrière la Hongrie, et devant le Portugal et l’Autriche, l’Islande impressionne par sa combativité et son état d’esprit. Elle a même sorti au tour précédent les Anglais, pourtant cités parmi les 5 grands favoris dans cette compétition ! Mais ce duel face à la France va tourner court. Grâce à Giroud, Pogba, Payet et Griezmann, les Français ont une avance de 4 buts à la mi-temps. Le match est quasiment plié. Quelques changements ont lieu en deuxième mi-temps pour reposer les cadres de l’équipe et éviter une suspension pour Laurent Koscielny ou encore Olivier Giroud, qui, par ailleurs, s’offre un doublé peu avant sa sortie. 5-2, score final. Les Bleus impressionnent, mais un adversaire de taille les attend dans le dernier carré : l’Allemagne.

Depuis 2014 et leur sacre au Brésil, les Allemands n’impressionnent pas. Et cela s’est confirmé dans cet Euro. Premiers de leur groupe, les Allemands ont ensuite écarté la Slovaquie puis l’Italie aux tirs au but, dans un match on ne peut plus serré. Mais cette fois-ci, la Mannschaft est lancée. En 40 minutes, ils étouffent littéralement les Français, mais ne parviennent pas à ouvrir le score. Pire encore, peu avant la mi-temps, Schweinsteiger est coupable d’une main dans la surface. Pénalty pour les Bleus ! C’est inespéré. Griezmann le transforme, et les Bleus mènent à la mi-temps. Au retour des vestiaires, la France semble être enfin entrée dans son match. De plus, la blessure de Boateng fragilise considérablement la défense adverse. A 20 minutes de la fin, Pogba profite d’une erreur de Kimmich pour centrer vers Griezmann qui, bien placé, s’offre en doublé salvateur. Les 20 dernières minutes du match sont irrespirables : entre la barre touchée par Kimmich, et les arrêts de Lloris, les Français tiennent bons et s’offrent une finale tant espérée par tout un peuple, qu’ils joueront face au Portugal.

Depuis le début, les Portugais n’ont obtenus que des victoires (très) poussives. Qualifiés de justesse en terminant 3ème de leur groupe, ils ont ensuite éliminé la Croatie lors de la prolongation, la Pologne aux tirs au but, et le Pays de Galles en demi-finale. Aussi étrangement que cela puisse paraître, les Tricolores sont favoris dans ce match. Et ils assument très rapidement ce statut. Griezmann et Sissoko forment un duo de feu, et se procurent de nombreuses occasions anéanties par le gardien portugais, Rui Patricio. De plus, Cristiano Ronaldo doit quitter ses partenaires après seulement 24 minutes de jeu, et seulement 8 ballons touchés. A la mi-temps, tout reste à faire, mais le scénario du match semble nettement être en faveur des Français. La seconde période est plus accrochée, et malgré les occasions d’Antoine Griezmann et de Nani, aucune des deux équipes ne parvient à prendre les devants. André-Pierre Gignac entre donc en jeu. Dans le temps additionnel, il pense devenir le sauveur de toute une nation : dans la surface, il élimine Pepe, puis prend sa chance. Le gardien est battu, mais le poteau sauve le Portugal… Prolongations.
Les Portugais se réveillent et mettent en difficulté la défense française sur coups de pied arrêtés. Pepe puis Éder se créent des occasions, mais Hugo Lloris veille. La seconde période des prolongations s’annonce déterminante. Rapidement, le Portugal se crée une nouvelle occasion. Sur un énième coup-franc, Guerreiro trouve la barre de Lloris ! Mais l’action suivante, Éder crucifie le peuple français d’une frappe puissante au ras du sol, des 20 mètres. Malgré l’entrée de Martial, trop tardive, le score reste inchangé. Le Portugal est champion d’Europe !

 

Malheureusement, les Bleus ne soulèveront pas le trophée pour la troisième fois, après 1984 et 2000. Malgré tout, ils ont su regagner le coeur des Français durant cette compétition, ce qui était loin d’être évident après le fiasco de Knysna en 2010.
Le prochain rendez-vous est d’ores et déjà fixé : il aura lieu en Russie, en 2018. Mais avant, nous retrouverons les Tricolores dès le mois de septembre, avec le début des éliminatoires pour cette Coupe du Monde 2018.

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